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Le rapport NAWAPA XXI
Introduction

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6 juin 2012

Nous présentons ci-dessous l’introduction, traduite en français, du rapport NAWAPA XXI, un document de 102 pages qui a été produit par notre mouvement associé aux États-Unis, le comité d’action politique de Lyndon LaRouche (LaRouchepac).

« Tout membre du Congrès, toute personne de la branche exécutive en commençant par le Président doit, en ce qui concerne les ressources nationales, penser et agir durant son mandat en fonction de la prochaine génération, car aucun projet élaboré aujourd’hui ne sera bénéfique pour nous. Tout ce que nous entreprenons aujourd’hui est fait pour ceux qui viendront après nous. Et comme ceux qui avaient entrepris quelque chose il y a plusieurs années nous ont permis d’être là où nous en sommes aujourd’hui, j’espère que nous remplirons nos obligations envers la génération qui nous suivra.  »

– John F. Kennedy
Pueblo, CO, le 17 août 1962

Ce rapport est dédié à la mémoire de John F. Kennedy

Introduction

Aujourd’hui, les États-Unis ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient avant l’assassinat du Président John F. Kennedy en 1963. La promesse d’un leadership visionnaire dans le gouvernement américain qui persista jusqu’à la candidature présidentielle de Robert Kennedy s’est finalement éteinte avec son assassinat cinq ans plus tard. La transition soudaine d’un grand optimisme technologique à une croyance selon laquelle le progrès scientifique et le développement des ressources devraient être arrêtés, jointe au culte de la spéculation boursière et de la dérégulation, a résulté, comme la chose était prévisible, en des usines vétustes, des infrastructures délabrées et une profonde désorientation de nos concitoyens face au futur.

La perte de plus en plus rapide de nos capacités manufacturières et de notre main d’œuvre qualifiée au cours des dernières décennies, nous a conduits à une dépendance dangereuse vis-à-vis d’une économie mondiale qui est centrée sur le libre-échange et qui est en voie de désintégration. Notre réseau d’infrastructures est entièrement délabré. Ceux qui possèdent des qualifications dans des métiers productifs sont sur le point de prendre leur retraite, si ce n’est déjà le cas, sans que des remplaçants adéquats aient été formés puisque la nouvelle génération a grandi dans une économie de service postindustrielle. La sécurité alimentaire n’existe plus, alors que les réserves sont à leur plus-bas niveau historique ce qui, combinées à une infrastructure vétuste, nous rend vulnérables aux catastrophes naturelles comme les tempêtes, les inondations et la sécheresse qui ont dévasté nos plaines fertiles en 2011.

En plus du présent manque de capacité productive, le changement culturel apporté dans les façons de voir a engendré une ferveur toute religieuse pour les coupures budgétaires que nous nous infligeons à nous-mêmes au nom de la « responsabilité fiscale », ce qui menace de donner le coup de grâce à ce qui reste de capacité logistique et productive nécessaire pour la reconstruction de notre économie.Tout cela n’est pas le fruit du hasard. L’empire monétaire centré à Londres et à Wall Street souhaite la destruction des États-Unis, une intention stratégique qui est évidente pour qui considère le caractère des présidences de George W. Bush et Barack Obama.

Pour toutes ces blessures nous n’avons que nous mêmes à blâmer, et notre rôle de serviteur d’un système étranger à nos intérêts souverains est le résultat d’une amnésie nationale vis-à-vis d’un héritage que nous trahissons.
Il est maintenant impératif que surgisse une armée de patriotes qui s’unira autour d’un projet qui : a) soit rigoureusement élaboré et capable de mobiliser les compétences que notre économie jadis florissante est en train de perdre ; b) qui évoque les grandes réalisations qui font notre fierté nationale ; c) qui permettre de restaurer le crédit public des États-Unis comme source d’investissement productif.

Grâce à un projet général de cette nature, capable de changer la direction qu’a prise notre nation, un mouvement patriotique peut se constituer, même à cette heure tardive, pour devenir le point de ralliement qui mènera à l’élection d’un Président qualifié.

NAWAPA XXI, le projet que nous proposons ici, répond à ces critères. NAWAPA XXI a été élaboré à partir de la proposition de 1964 qui s’appelait simplement NAWAPA (North American Water and Power Alliance [1]ou en français l’Alliance Nord-américaine pour l’eau et l’énergie), et il a été mis à jour et amplifié pour répondre aux besoins économiques d’aujourd’hui, y compris l’essentielle restauration d’un système national de crédit public.

Cependant ce projet, dont l’impact et la nécessité sont pleinement démontrés dans les pages qui suivent, n’est pas simplement un projet d’ingénierie capable de restaurer le progrès économique ; il implique et requiert une compréhension différente de l’économie où celle-ci est vue comme faisant partie de la physique.

De ce point de vue on peut alors reconnaître que la cause de la présente crise n’est pas une erreur qui se serait produite sur les marchés financiers, mais une erreur associée au paradigme de la valeur monétaire. La valeur monétaire a remplacé la valeur du progrès technologique associée à la maîtrise et à la régulation de la nature par l’esprit humain. En d’autres mots, ce dernier paradigme se traduit par de nouveaux systèmes pour développer les ressources et l’énergie, ainsi que par une augmentation constante de l’activité manufacturière qui accompagne la croissance de ces capacités, tandis que le premier paradigme promeut la cannibalisation des infrastructures existantes, produisant les profits monétaires nécessaires à la poursuite de la consommation, mais sans créer la productivité permettant de régénérer la richesse consommée.

L’histoire de l’évolution de la vie sur terre, comme l’a démontré l’équipe de recherche du LaRouchePAC [2], n’a jamais montré de tendance à l’équilibre. L’ensemble la biosphère a évolué à travers une succession d’étapes qui constituaient des améliorations qualitatives, comparables à des révolutions technologiques, où l’importance de la matière vivante sur la surface de notre planète s’est sans cesse accrue. Ce phénomène peut-être observé, par exemple, dans la création de l’atmosphère d’oxygène par la photosynthèse issue de bactérie à l’état libre, qui fut suivit par l’émergence d’organismes pluricellulaires nécessitant un plus grand flux de matière et d’énergie, et de la colonisation des continents par la vie, conduisant ainsi à un accroissement massif de la biomasse et altérant de manière fondamentale des processus globaux comme le cycle hydrologique.

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Chaque nouveau système, qui depuis son apparition à partir d’un point bien antérieur, était resté latent à l’intérieur du processus de développement dans son ensemble, prend à un certain moment le dessus comme système dominant et demeure comme tel tant qu’il est capable de produire les éléments nécessaires à sa survie.

L’évolution humaine est unique dans ce processus en ce que la société humaine inclut l’option de s’auto-développer volontairement. Là où l’organisation sociale et le progrès scientifique se sont unis, il y a eu développement de l’humanité, comme en témoigne l’exemple de l’histoire américaine où on peut observer le progrès des phases successive qui ont marqué l’évolution de son économie.

La technologie des moulins à eau, utilisée pour la production de fer et d’autres types de manufactures, a permis à la Colonie de la Baie du Massachusetts d’affirmer sa souveraineté. Le développement des voies navigable à l’intérieur des terres, associé à la régulation de nos rivières durant l’administration Washington, puis celui de canaux dans les états de New York, de Pennsylvanie et d’Ohio sous les administrations de James Monroe et de John Quincy Adams, ont ouvert l’accès à de nouvelles ressources pour l’industrie et la consommation en plus d’ouvrir la voie à la colonisation du Midwest. Le soutien apporté aux canaux et à la construction de chemins de fer par l’administration de John Adams a permis à notre pays d’assumer un rôle de premier plan quant à la production d’acier et d’autres produits manufacturés. L’humanité entrait dans une nouvelle ère, semblable aux nouveaux stages représentés par la fonction de croissance constituée de cônes imbriqués qui dépeint l’évolution de la biosphère. Le développement de manufactures américaines et l’effort pour coloniser l’Ouest qu’encourageait Lincoln ont ensuite permis de constituer le territoire des États-Unis tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Les programmes lancés par Roosevelt pour développer les bassins des rivières Tennessee, Columbia et Colorado ont accru et consolidé ce que les chemins de fer transcontinentaux avaient commencé, permettant la maîtrise des ressources hydrauliques des rivières, rendant nos terres fertiles, protégeant nos citoyens contre les inondations et les sécheresses, électrifiant 90% de nos fermes et générant les découvertes en chimie capables d’augmenter la productivité de l’agriculture. Notre productivité nationale s’est accrue qualitativement, ce qui a apporté des nouveaux niveaux de consommation et de production.

De nouveaux combustibles chimiques ont permis la colonisation de l’atmosphère par l’homme, et ils lui ont même permis de pénétrer l’espace, tandis que des découvertes dans le domaine nucléaire ouvraient la voie, entre autres, à des sources d’énergie illimitées.

Même si ce processus évolutif a été marqué par de longues périodes d’inactivité, laissant parfois stagner des générations entières, la tendance qui a dominé dans l’ensemble est celle où se poursuivait l’art de faire et de transmettre les découvertes nécessaires au développement de l’humanité.
John F. Kennedy s’inscrivait dans cette lignée de présidents qui ont su reprendre ce fil évolutif, en repoussant les frontières des capacités scientifiques de l’humanité, en poursuivant le programme Atomes pour la Paix d’Eisenhower par la construction des centrales nucléaires et en faisant le maximum pour faire avancer le développement des bassins hydrauliques commencé par Roosevelt, avec, pour ce faire, rien de moins qu’une proposition d’une TVA nationale [Tennessee Valley Authority, ndt]. Si la vie de John F. Kennedy n’avait pas été interrompue, il y a peu de doute qu’il aurait mis en œuvre le projet NAWAPA tel qu’il fut formulé en 1964, ce qui, combiné à un programme de fusée à propulsion nucléaire, l’étape succédant « normalement » à l’alunissage de juillet 1969, aurait conduit au prochain système nécessaire à l’évolution de l’humanité.

Depuis que nous avons tourné le dos aux politiques que Kennedy représentait à son époque, les États-Unis se sont trouvés en opposition à la tendance qui vise à transmettre et appliquer des découvertes d’une génération à l’autre, créant ainsi un fossé de deux générations, une situation sans précédent dans l’histoire de notre pays. En conséquence, la politique actuelle, une politique visant à réduire la productivité, couplée à une réduction croissante de la consommation des ressources, nous range dans la catégorie des systèmes évolutionnaires condamnés à l’extinction.

En adoptant les propositions contenues dans ce rapport, avec la pleine compréhension de leurs nécessités pour nous-mêmes et nos voisins, il serait encore possible de renverser la vague d’arriération dans laquelle notre nation se noie, et de transmettre à une nouvelle génération les connaissances sur le fonctionnement d’une économie productive que détient une génération sur le point de disparaître.

Nous vivons sur du temps emprunté. Agissons maintenant.


[1Voir la section ’Histoire du NAWAPA’

[2LaRouchePAC.com/evolution