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Notes sur la Mascarade de l’Anarchie de Percy B. Shelley

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5 juillet 2012

En Angleterre la nouvelle du massacre de Manchester de 1819 souleva l’indignation profonde du poète républicain Percy Bysshe Shelley. En réponse, il rédigea un poème devenu célèbre, La Mascarade de l’anarchie (The Mask of Anarchy), dans lequel la non-violence et l’espoir conjugués chez le plus grand nombre alimentent une résistance plus forte qu’une tyrannie sanguinaire.

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« Dans cette ballade de quatre-vingt-onze strophes, les ministres du gouvernement de Lord Liverpool sont montés sur des chevaux et piétinent la foule ; chacun d’eux est caractérisé par ses actes ou par son attitude :

J’ai rencontré le Meurtre sur ma route –
Et il portait un masque comme Castlereagh
Très lisses d’apparences, et sinistres pourtant ;
Des chiens de chasse le suivaient, ils étaient sept :

Ils étaient gras ; et leur admirable santé
Ne pouvait surprendre personne
Car un par un, et deux par deux,
Il leur jetait des cœurs humains à dévorer
Qu’il prenait sous son grand manteau.

« Le meurtre a le masque de Castlereagh, ministre des Affaires étrangères responsable de la guerre contre la France et de l’écrasement sanglant de la révolte irlandaise de 1798. [Castlereagh était également le ministre plénipotentiaire au congrès de Vienne de 1815]. Les chiens qui le suivent, au nombre symbolique de sept, sont l’Autriche, l’Espagne, la France, le Portugal, la Prusse, la Russie et la Suède, qui ont ajourné l’abolition de l’esclavage sous la houlette de l’Angleterre après 1815 et reçoivent les « cœurs » des esclaves pour entretenir leur économie ». (Note de Bernard-Jean Ramadier)

« L’apostrophe finale, où Shelley appelle ceux qui, en silence, résistant à rester calmes et résolus si les canons et les baïonnettes des tyrans les attaquent, puisque leur regard sera une arme invincible qui jettera la honte sur les puissants en déroute, fut récitée par Gandhi à plusieurs occasions stratégiques de son action ». (Note de Franck Lemonde)