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172 économistes allemands s’attaquent au MES et au renflouement des banques

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9 juillet 2012

Le Prof. Hans-Werner Sinn, président de l’Institut de Munich IFO, et un groupe de 172 économistes allemands ont publié le 5 juillet un Appel à leurs concitoyens contre le renflouement des banques.

Parmi les premiers signataires se trouvent des poids lourds de la profession comme le Prof. Klaus Zimmermann, ancien président de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), et le Prof. Bernd Raffelhüschen de Fribourg.

Les professeurs Walter Krämer et Sinn ont rédigé l’appel au lendemain du dernier Sommet de Bruxelles, en raison de leur grande colère suite aux décisions qui y ont été prises. Le projet d’union bancaire a été, selon Krämer, la « goûte qui a fait déborder le vase ».

L’appel n’exige malheureusement pas la restauration de Glass-Steagall mais soulève néanmoins avec beaucoup d’emphase la question du renflouement des banques, et ce dans un style très différent des habituelles communications académiques.

L’appel dit que le projet d’union bancaire ne fera qu’« aider Wall Street et la City de Londres – et quelques investisseurs en Allemagne – ainsi qu’une poignée de banques domestiques et étrangères. » (…) « Les dettes des banques sont presque trois fois plus grandes que la dette souveraine et, au sein des cinq pays en crise, s’élèvent à plusieurs milliers de milliards d’euros. » Les contribuables, retraités et épargnants des pays encore solides « ne peuvent être tenus responsables de ces pertes (...) Les banques doivent pouvoir faire faillite, et si les débiteurs sont incapables de payer, il n’y a qu’un groupe qui devrait et peut porter ce fardeau : les créditeurs eux-mêmes, puisqu’ils se sont embarqués dans des investissements risqués de manière consciente (...) »

Cet appel a suscité un débat énorme dans les milieux politiques et au sein de la population, allant du ministre des Finances Wolfgang Schäuble jusqu’aux militants de divers partis.

L’immense colère et ferment contre les politiques de renflouement sans règles ni limitation ne peut plus être balayée sous le tapis. La pire chose que les politiques en place peuvent faire, écrit le rédacteur du Süddeutsche Zeitung Marc Beise pour les questions économiques, est d’attaquer les opposants au MES et de l’union bancaire et d’essayer d’étouffer le débat comme le fait Schäuble, car l’euro a été un « projet de l’élite  » depuis tellement longtemps maintenant que tout politique cherchant à supprimer la discussion plutôt que de défendre ses opinions commet une « erreur gigantesque ».

Schäuble a publiquement dénoncé l’«  alarmisme  » des économistes signataire de l’appel, et a même poussé l’affront jusqu’à nier que le MES et l’union bancaire visent la prise en charge des dettes des banques européennes.

Comme nous le soulignons depuis longtemps, la plupart des opposants allemands (et français) au MES n’ont toujours pas compris (du moins publiquement) que seule une séparation bancaire du type Glass-Steagall permettra de trancher le nœud gordien et de faire la distinction entre banques utiles à l’économie réelle et maisons de jeu susceptibles d’exploser à tout moment. Ist es klar  ?