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Il faut libérer Trump des griffes de la « doctrine Blair » !

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S&P—Le 10 janvier, l’ambassadeur britannique à Téhéran a été pris en flagrant délit d’ingérence, tentant non seulement de soutenir mais d’instiguer une révolte populaire contre le régime iranien. Cet acte, qu’il n’a bien entendu pas décidé de son propre chef, est révélateur du rôle de « l’Empire britannique » pour mettre de l’huile sur le feu et ramener l’administration Trump dans le droit chemin de la « doctrine Blair », qui a justifié les guerres des vingt dernières années en Irak, en Afghanistan et en Libye.


L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier à Badgad a mis le monde au bord d’une escalade incontrôlable. Celle-ci n’a pu être évitée de justesse, lors de la riposte iranienne survenue le 8 janvier, que grâce à d’intenses négociations diplomatiques. Trois jours plus tard, quelques centaines d’étudiants ont organisé des manifestations contre le gouvernement iranien, encouragés activement par l’ambassadeur britannique Robert Macaire (!). L’information de l’implication et de la brève arrestation de l’ambassadeur s’est cependant rapidement noyée dans le flot médiatique et dans la confusion générale.

Le rôle d’instigateur des Britanniques est au pire complètement ignoré, au mieux réduit à une influence marginale dans un monde dans lequel le géant américain s’impose partout par la force des biceps. Pourtant, avec l’élection de Trump, pour la première fois depuis John F. Kennedy et, pendant un bref moment, lors de la présidence de Bill Clinton lorsqu’il proposa en 1998 de réorganiser l’architecture financière internationale (avant de subir une procédure de destitution), un président américain échappe aux réseaux oligarchiques anglo-américains établis. Les Britanniques, qui habituellement s’accommodent si bien d’agir depuis les coulisses, ont été forcés de prendre de plus en plus d’initiatives, risquant d’apparaître en pleine lumière.

C’est ainsi qu’on les retrouve impliqués dans plusieurs opérations de provocation, telles que « l’affaire Skripal », où une tentative d’empoisonnement de l’ancien agent secret russe a été attribuée sans l’ombre d’une preuve à Moscou, les attaques chimiques sous fausse bannière en Syrie, mises en scène par les Casques blancs – une création des services secrets britanniques, ou encore le « Russiagate » contre Trump, initié dès 2015 par les réseaux du MI6 et du GCHQ (l’équivalent de la NSA) autour de Sir Richard Dearlove – Lire : Qui veut la peau du grand méchant Trump ?

De la géopolitique des sanctions au développement mutuel

L’objectif est d’assurer à tout prix que la présidence américaine ne sorte pas du giron du complexe militaro-financier de Wall Street et de la City de Londres, dont les intérêts dépendent de la vieille stratégie de l’Empire du « diviser pour régner ». C’est ainsi que, depuis 2016, Londres multiplie les efforts, alimentant le Russiagate afin de créer un environnement délétère autour de Trump, et induisant ce dernier à abandonner ses promesses électorales sur le retrait des troupes du Moyen-Orient et la normalisation des relations avec la Russie et la Chine. Les Britanniques cherchent désormais à l’entrainer dans une guerre contre l’Iran. ...suite