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États-Unis : Sauver la République de l’État surveillance

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S&P—Nous vivons un moment de l’histoire où les citoyens vont devoir monter sur la scène, s’ils veulent empêcher le complexe militaro-financier d’aller au bout de sa logique fasciste. Aux États-Unis, le Comité d’action politique de Lyndon LaRouche (LPAC), associé à des lanceurs d’alertes de la NSA (Agence nationale de la sécurité), organise la résistance au sein de la population américaine.

Le système de surveillance, mis en place à l’échelle mondiale dans les années 2000, n’a jamais servi à lutter contre le terrorisme, mais plutôt à cacher les crimes commis par une cabale logée au cœur de l’appareil d’État, au service d’un empire financier centré sur la City de Londres.

C’est ce qu’ont montré avec force William Binney et Kirk Wiebe, deux vétérans et lanceurs d’alerte de la NSA, ainsi que Mike Billington du LPAC, lors d’une conférence au Symphony Space, à New York, le 29 février. Binney, qui fut directeur technique de l’agence américaine, se bat aux côtés de nos amis américains depuis qu’il a prouvé en 2017, avec ses collègues du VIPS (un collectif de vétérans du renseignement), que les Russes n’ont pas piraté les courriels du parti démocrate en 2016, et que par conséquent l’ensemble du « Russiagate » est une fraude. A la NSA, Binney et Wiebe faisaient partie d’un petit groupe de brillants esprits qui avaient conçu, avant les attentats du 11 septembre 2001, un système de traque des terroristes qui aurait permis d’empêcher plusieurs attentats si les autorités américaines ne l’avaient pas sciemment rejeté.

Comme l’a expliqué Mike Billington, qui se bat aux côtés de Lyndon LaRouche depuis plus de quatre décennies et a été comme lui un prisonnier politique, la réhabilitation de LaRouche constitue la clé pour libérer les États-Unis et le monde de l’emprise de cette cabale. Car non seulement l’économiste et homme politique américain incarne la résistance politique au dévoiement de la République américaine dans un impérialisme destructeur, mais il a montré la voie pour bâtir un monde d’États-nations coopérant autour de projets de développement mutuel — voie qui devient réalité depuis que la Chine a adopté son projet de Nouvelles Routes de la soie.

La NSA et le choix de la trahison

Le choix du système de surveillance des masses a été fait sous l’administration Bush Jr, en particulier par un vice-président Dick Cheney qui y voyait un moyen de contrôler ses opposants politiques, et par une bureaucratie qui comptait obtenir de budgets toujours plus gros. Ce système n’a permis de détecter aucune attaque terroriste, comme l’ont montré Edward Snowden et d’autres lanceurs d’alerte du Mi5, du Mi6 et du GCHQ (l’équivalent britannique de la NSA).

Les dirigeants de l’époque ne pouvaient pourtant pas ignorer qu’il existait une autre solution pour combattre le terrorisme. Dans les années 1990, William Binney, Kirk Wiebe et d’autres ont développé au sein de la NSA le programme Thin Thread, dont le but était de discerner avec précision, en se basant non pas sur le « big data » mais sur les métadonnées, les interconnexions entre les individus et les réseaux prêts à passer à l’action. Thin Thread a été abandonné quelques semaines avant le 11 septembre 2001, pour être remplacé par un programme bien plus coûteux et bien plus invasif en termes de vie privée.

Cette trahison fut un choc pour Wiebe ; « Je ne pouvais regarder en face le fait que ce mal remonte au niveau le plus haut du gouvernement. Vous ne voulez pas admettre cela, vous voulez avoir confiance en votre gouvernement. Cette dure réalité est venue me frapper en plein visage ».

La NSA se trouve désormais au cœur d’une énorme machine constituée par les « Five Eyes » (les services secrets réunis des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada et de la Nouvelle Zélande), les services d’autres pays qui ont voulu coopérer avec eux (dont les français, comme l’a récemment admis le journal Le Monde), et bien entendu les GAFAM. Et comme le montre l’acharnement contre Julian Assange, le créateur de Wikileaks, le système de surveillance de masse a plus à voir avec le contrôle politique qu’avec la lutte contre le terrorisme.

La clé : la réhabilitation de LaRouche

Lyndon LaRouche est l’homme politique américain qui a combattu ce système, bien avant la mise en place de la surveillance de masse. Il en a payé le prix par son emprisonnement de 1989 à 1994, suite à plusieurs années de diffamation et de persécutions judiciaires. Comme l’a expliqué Mike Billington, qui a également été emprisonné à l’époque, l’ancien secrétaire d’État de Nixon Henry Kissinger était personnellement impliqué dans la cabale contre LaRouche. Plusieurs documents déclassifiés l’ont montré, dont une lettre de Kissinger en août 1982 au directeur du FBI de l’époque, William Webster, lui demandant de se débarrasser de lui. Il faut dire que le mouvement de LaRouche, notamment à travers les travaux de l’Executive Intelligence Review (EIR), avait exposé nombre de manigances de Kissinger, dont ses liens avec Oliver North, l’un des agents impliqués dans l’affaire Iran-Contrat.

Quand LaRouche fut mis en prison, une campagne internationale s’organisa pour le faire libérer. Face aux dizaines de milliers de responsables et des citoyens américains et du monde entier qui lui écrivaient pour cela, le président Bill Clinton finit par le gracier, mais sans l’exonérer.

En 1995, lors d’un événement réunissant des juristes et des leaders politiques, LaRouche avait déclaré :

Nous sommes, à mon sens, face à un système d’injustice installé au cœur du Département de la Justice, en particulier de la Division criminelle du Département de la Justice. Le problème n’est pas lié à telle ou telle administration, bien que l’une ou l’autre agisse négativement ou positivement. Il y a des agents de la fonction publique (…) qui coordonnent un groupe d’institutions au sein de la Division criminelle et qui ont été impliqués à plusieurs reprises dans les atrocités juridiques dont j’ai été témoin.

Dans mon cas, lorsque quelqu’un a décidé de m’écarter du chemin, ils ont pu s’appuyer sur cette injustice permanente dans la bureaucratie du gouvernement pour faire le travail. (…) Cette agence opère au sein du Département de la Justice, comme un tueur à gage sous contrat, dès lors qu’un individu, possédant accréditation et laissez-passer, se manifeste et dit : ‘Nous voulons nous débarrasser de ce groupe de gens’, ou ‘nous voulons nous débarrasser de ce gars’. Et tant que nous n’aurons pas délogé de notre système de gouvernement cette bureaucratie permanente corrompue, qui utilise l’autorité judiciaire pour commettre des assassinats, ce pays ne sera pas libre, ni tous ceux qui y vivent.

Se lever pour la vérité

A l’heure où l’ensemble du système de la mondialisation financière est au bord de la rupture, la résistance doit s’organiser partout. Comme l’a souligné Mike Billington, avec le président Trump, le ministre de la Justice William Barr et le procureur John Durham, pour la première fois il existe au plus haut niveau de l’État une volonté d’en découdre avec cette cabale criminelle incrustée dans les institutions du gouvernement, de la CIA, du FBI et de la NSA. Rappelons que Robert Mueller, qui a mené (en vain) l’enquête visant à accuser Trump d’être arrivé au pouvoir grâce aux Russes, est le même qui, en tant que directeur du FBI, a empêché la Commission du Congrès sur les attentats du 11 septembre 2001 d’enquêter sur le rôle d’agents secrets saoudiens dans les attentats. Ajoutons que c’est Mueller qui a mené, en tant que procureur de Boston, les poursuites judiciaires contre LaRouche dans les années 1980.

Plus que jamais, il est temps pour les citoyens de se lever pour défendre la vérité. Mike Billington a expliqué que paradoxalement, les dix années qu’il a passées en prison ont été parmi les meilleures de sa vie, car il se trouvait alors en accord avec sa conscience. Il a rappelé les paroles de Martin Luther King, prononcées peu de temps avant son assassinat :

Vous pouvez avoir 38 ans, comme c’est mon cas. Et un jour une grande opportunité se présente à vous et vous appelle à vous lever pour un grand principe, une grande question, une grande cause. Et vous refusez de le faire parce que vous avez peur… Vous refusez de le faire parce que vous voulez vivre plus longtemps… Vous avez peur de perdre votre emploi, ou vous avez peur d’être critiqué et de devenir impopulaire, ou vous avez peur que quelqu’un vous poignarde, ou vous tire dessus, ou pose une bombe dans votre maison… Alors vous refusez de vous lever. Et bien, vous pourriez continuer de vivre jusqu’à 90 ans, mais vous seriez aussi mort à 38 ans que vous pourriez l’être à 90. Et l’arrêt de votre respiration ne serait que la concrétisation tardive d’une mort antérieure de votre esprit.