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Covid-19, Bill Gates et les vaccins : de quelle conspiration parle-t-on ?

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Karel Vereyken

S&P—Depuis le début de la pandémie, impossible de ne pas se faire éclabousser par quelques gouttes de gadoue projetées par le torrent d’infox, de contre-vérités et de bêtises inondant d’une façon étonnamment systématique les réseaux sociaux et donc nos esprits. Voici quelques éléments permettant d’y voir plus clair.

Les complotistes participatifs sont en pleine forme. La dernière prestation sur le sujet par le provocateur mercenaire Alain Soral (filmé devant un exemplaire bien visible sur l’étagère derrière lui de l’abjecte « Protocoles des sages de Sion  », un faux légendairequi se présente comme un plan de conquête du monde établi par les juifs et les francs-maçons, publié au début du XXe siècle par les services secrets tsaristes), toujours avide (au service de qui ?) de mettre de l’huile sur un début d’incendie, en est un exemple caricatural.

Pour le pamphlétaire, qui reprend à son compte et avec des mots repris du vacarme émanant du plus profond des boyaux de « QAnon » (une quasi-secte animant l’aile la plus extrémiste du Trumpisme), le Covid-19 n’est qu’une énième invention des élites « pédocriminelles sataniques » (genre Epstein) cherchant à empêcher la réélection de Trump et mettre le monde sous la coupe réglée du « Deep State » !

Ailleurs sur le net, selon ce dont on espère pouvoir vous convaincre, on vous dit tout et son contraire : le Covid-19, qualifié de « grippette », une petite grippe pas bien méchante, serait en même temps une « arme biologique » balancée par les Chinois pour leur permettre de prendre le contrôle du monde. En France, notre cher gouvernement « nous empêche le libre accès à l’hydroxychloroquine » et cela uniquement en vue de « museler toute contestation » et les manifs des gilets jaunes ! Ne s’agit-il pas de « la plus grande escroquerie depuis le 11 septembre ? », hurle ainsi un anti-vaccin sur Facebook... « C’est notre propre organisme qui créé les maladies », nous jurent les Anthroposophes en prétendant que, « étrange coincidence », la 5G, tout comme le virus actuel, nous arrive de Wuhan ! On a inventé ce coronavirus « pour nous faire peur », pour nous faire accepter des « vaccinations forcées » permettant d’enrichir « Big Pharma » ainsi que Bill Gates, ce milliardaire américain qui est membre du Bilderberg, fréquente George Soros et réclame « l’implantation de puces électroniques » en vue de nous injecter des vaccins empoisonnés permettant de « réduire la population mondiale », et j’en passe sans doute des meilleurs.

Si pour certains, une simple douche et quelques mesures-barrières suffiront pour se laver de tant de fadaises, pour d’autres, il faut sans doute quelques éléments d’explication.

Les « énormes » profits des vaccins ?

Au cœur des arguments complotistes, la conviction inébranlable que les vaccins rapportent « énormément » d’argent. Or, toute enquête sérieuse permet de se rendre compte que c’est loin d’être le cas. Par exemple, en 2017, le « marché mondial », c’est-à-dire la somme potentiellement dépensée pour les vaccins, se chiffrait à 40 milliards de dollars (source).

Beaucoup plus que les APL, certes, mais une micro-goutte par rapport aux milliers de milliards de dollars tournant en rond dans le système actuel.

D’abord, produire un vaccin est un processus très long avec de nombreux obstacles à franchir. La marge de profit que l’on puisse en tirer est nettement moindre de ce que l’on obtient par la vente d’autres médicaments.

Et les clients ne sont généralement pas des individus, mais des Etats, qui très souvent, surtout dans l’hémisphère sud, paient plus en intérêt sur leur dette qu’en dépenses de santé.

Voici, à titre de comparaison, un tableau des dépenses médicamenteuses en 2017 pour les grandes aires thérapeutiques (touchant avant tout les « marchés rentables », c’est-à-dire des pays riches) : 81,1 milliards pour l’oncologie (cancer) ; 72,2 milliards pour le diabète ; 47,5 milliards de dollars pour les maladies auto-immunes ; 40,6 milliards pour les maladies cardio-vasculaires ; 26,7 milliards pour le VIH et 36,1 milliards pour la santé mentale).

Ainsi, en réalité, les 40 milliards de dollars du marché mondial des vaccins ne représentaient en 2017 que 3,3 % des 1400 milliards de dollars de l’ensemble du marché mondial des médicaments. A cela s’ajoute qu’une fois déduits les coûts de production (17 %), les taxes diverses, les frais de marketing et autres frais annexes, le « profit net » fourni par ces 40 milliards du marché mondial des vaccins, fond à seulement 2,2 milliards de dollars par an au niveau mondial… !

En clair, on pourrait dire pour plaisanter que si on voulait ruiner l’industrie pharmaceutique, effectivement financiarisée à outrance depuis des décennies, il faudrait justement l’obliger à ne produire que des vaccins !

Ou, dit autrement, Big Pharma, vu du point de vue purement financier, a plutôt intérêt à éviter que la vaccination devienne une pratique universelle : cela freine la vente des médicaments et cela ne rapporte quasiment rien...
Bill Gates, un malthusien paradoxal

Grâce au succès commercial de Microsoft, Bill Gates a été, à deux reprises, l’homme le plus riche du monde. En 2019, le magazine Forbes l’a classé, avec une fortune de 105 milliards de dollars, juste derrière Jeff Bezos, le patron d’Amazon qui, lui, dispose de 112 milliards de dollars. Évidemment, cela fait beaucoup de jaloux.

Ensuite, et c’est là que parfois il faut faire un effort pour identifier quelques nuances, il estime que « la surpopulation » est un problème qu’il faut combattre. Est-ce que cela signifie qu’il veut dépeupler la planète comme certains écologistes radicaux ? Non. Le milliardaire prétend simplement (tout comme l’ONU) que la démographie, après avoir atteint un pic entre 9 et 12 milliards d’individus vers 2050, tendra à se stabiliser. [1]

En tout cas, et c’est un bon point pour lui, Bill Gates admet qu’initialement il s’obstinait, sans doute un peu trop, sur ce que les Anglo-saxons appellent « la santé reproductive » (planning familial, accès à la contraception, éducation des femmes). Or, en examinant les particularités de chaque pays, Gates s’est rendu à l’évidence que très souvent, c’était les familles les plus pauvres qui, faute de sécurité sociale, alimentaire et faute d’une sécurité pour leurs vieux jours, multipliaient le nombre d’enfants sans disposer des moyens permettant à chaque nouveau-né de pleinement s’épanouir.

C’est là où Bill Gates a vu son acharnement à réduire la natalité être finalement dépassé par sa passion pour la santé mondiale. Paradoxalement, au nom d’une perspective que nous combattons, (le malthusianisme), il arrive à des conclusions allant dans notre sens : c’est en éradiquant la pauvreté et en offrant un accès aux soins à chaque individu que l’on pourrait réduire le terreau sur lequel les épidémies prospèrent.

Constatant que l’OMS publie d’excellents rapports mais n’est pas dotée de moyens permettant d’agir sur le terrain, Bill Gates, pour passer de la théorie aux actes, lance, en 2000, la Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF).

Conflit d’intérêt

En octobre 2006, pour en clarifier la gestion tout en conservant ce que l’on qualifierait en Europe de « problème manifeste de conflits d’intérêt », la BMGF se dote de deux entités : une fondation (charitable) qui dépense 3 milliards de dollars par an pour la santé et l’éducation, et un trust qui génère des bénéfices à partir des investissements tirés de sa fortune, permettant d’alimenter les actions charitables. Or, d’après Wikipedia, « Ces deux entités sont des fondations privées constituées en tant qu’organisations caritatives », c’est-à-dire avec les avantages fiscaux que cela implique.

Le site de la BMGF précise que « de 1994 à 2018, Bill et Melinda Gates ont donné plus de 36 milliards de dollars à la Fondation. Ce que cela leur a permis de déduire de leurs impôts, n’est qu’environ 11 % de ce montant ».

Constatons néanmoins qu’en 2020, le « trust » de la BMGF détient (source) :

  • 50 millions d’actions (11 milliards de dollars) du hedge fund de Warren Buffet (un ami de Gates qui fait régulièrement des dons à la Fondation…),
  • 17,1 millions d’actions (1,54 milliards de dollars) de la Société nationale des chemins de fer canadiens,
  • 18,6 millions d’actions (2,12 Mia) de l’entreprise Waste Management,
  • 11,2 millions d’actions de Caterpillar (engins du BTP)
  • 11,6 millions d’actions (1,4 Mia) de la société de la grande distribution Wallmart Inc.

Le crime de Bill Gates ? Avoir immunisé 500 millions d’enfants

Sur le terrain, la BMGF, qui emploie quelque 1500 personnes, dépense environ 3 milliards de dollars par an, essentiellement pour la santé, l’éducation et la recherche.

Dès 2000, sans détenir la moindre action dans l’industrie pharmaceutique, la BMGF a été l’initiatrice et le principal mécène, avec un don d’un milliard de dollars, de l’Alliance globale pour la vaccination et l’immunisation (GAVI), un partenariat des secteurs public et privé auquel se sont joints ultérieurement de nombreux gouvernements (Norvège, France, Italie, Espagne, Suède, Brésil, Afrique du Sud) ainsi que des organisations internationales telles que l’UNICEF ou l’OMS.

GAVI est parti du constat dramatique que, bien que les vaccins existent contre la tuberculose, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, l’hépatite B, la coqueluche, la fièvre jaune ou la diphtérie, des millions d’enfants continuent à mourir chaque année de maladies clairement évitables. De 2005 à 2015, en contribuant à l’immunisation de 500 millions d’enfants, dont la moitié en Afrique, l’action de GAVI a permis de sauver la vie de 5,4 millions d’enfants.

Il avait prévu la menace pandémique !

En 2015, suite à la flambée du virus Ebola en Afrique, Bill Gates dit tout haut lors d’une conférence (vidéo ci-dessous - sous-titrages à activer) ce que savaient la plupart des épidémiologistes de l’époque, sans en identifier les causes avec autant de pertinence que ne l’avait fait le penseur américain Lyndon LaRouche dès 1974 : une terrible pandémie peut rapidement gagner le monde. Mieux vaut s’y préparer.

Gates explique que, quand il était petit, il y avait un baril rempli d’eau et de nourriture chez ses parents car ils craignaient un conflit nucléaire. Mais la menace a changé : « Si quelque chose tue plus de 10 millions de gens dans les prochaines décennies, ça sera probablement un virus hautement contagieux (…). Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie. » Avec le virus Ebola, qui a fait des dizaines de milliers de morts, « nous avons eu de la chance », estimait alors Bill Gates, car « Ebola ne se propage pas dans l’air ». De fait, la plupart des gens étaient tellement malades qu’ils restaient cloués au lit. De plus, peu de zones urbaines ont été touchées. Mais, avertissait Gates, « la prochaine fois, on ne sera sûrement pas aussi chanceux. Il peut y avoir un virus où les gens infectés se sentent en bonne santé et prennent l’avion ou vont au supermarché ».

Or, aujourd’hui, les complotistes, qui ne voient que la couleur des verres de leurs lunettes, se servent de cet extrait pour « prouver » que Bill Gates, monstre maléfique selon eux, « avait tout prévu » !

Aujourd’hui, pour faire face au coronavirus, la BMGF estime que 25 milliards de dollars suffiraient pour vacciner les 3,7 milliards de personnes les plus exposées. Oxfam précise que cette somme équivaut à quatre mois de profits nets des dix plus grandes sociétés pharmaceutiques.

Le transhumanisme

Si l’on veut résumer les défauts de Bill Gates, il faut ajouter à sa vision malthusienne et à la gestion de sa Fondation, son penchant pour le transhumanisme. Fasciné par les solutions scientifiques et techniques, il écoute sans doute un peu trop Ray Kurzweil. Auteur à succès, chercheur au MIT où il fut l’élève du célèbre cognitiviste Marvin Minsky, Kurzweil est l’icône de l’Amérique transhumaniste. Il rêve, d’une façon quasi-religieuse, d’une humanité disposant de pouvoirs sensoriels agrandis, de capacités cognitives décuplées et définitivement débarrassées des maladies, de la vieillesse et de la mort. Cette nouvelle espèce s’affranchirait des décrépitudes de la chair, des hasards génétiques, des dégradations liées aux temps, aux virus, aux agents pathogènes. La vie éternelle ne serait pas pour après, mais pour avant la mort. Pour les transhumanistes, cette nouvelle vie est à portée d’algorithme, de nanorobots et d’une fusion entre nos organismes et l’intelligence artificielle.

C’est de ce point de vue que les complotistes ont beau jeu de mélanger des sujets complètement différents et, la peur aidant, de convaincre les gens que Bill Gates veut profiter de l’épidémie Covid-19 pour implanter des « puces » électroniques via le vaccin, pour « marquer » et même géolocaliser la population ! Une mise au point très pertinente de Julie Charpentras du service fact-checking de l’AFP permet de démêler le vrai du faux.

Bill Gates et l’OMS

Ce qui est vraiment regrettable, c’est que le bien commun qu’est la santé, au niveau mondial, soit dépendant d’acteurs privés comme la fondation de Bill Gates qui, depuis le gel récent de la cotisation américaine à l’OMS par Donald Trump, est devenu le plus grand contributeur de cette institution, bien avant la France. (Voir le graphique ci-dessous)

Depuis 1990, le budget de l’OMS a presque triplé. Les cotisations des Etats membres, dont l’OMS dispose pour mener des actions de son choix, sont restées stables, représentant 80 % de son budget dans les années 1970. Le rapport s’est aujourd’hui complètement inversé. En 2016, près de 80 % du budget total de l’OMS provient de dons de fondations ou d’entreprises. Or, ces dons ou financements publics se font au service de projets ou de causes spécifiques.

Conspiration ? Faire le bon choix

La question qui reste donc est la suivante : qui veut créer toute cette confusion ? Qui cherche à attirer notre attention sur chacun des « arbres » pour nous cacher « la forêt » ?

Chers complotistes, regardez le timing… En premier lieu, constatons, comme le documente un article de Buzzfeed du 23 janvier, que c’est fin janvier, c’est-à-dire le moment où officiellement la pandémie n’avait fait que 18 morts dans le monde, que la méga-campagne affirmant que Bill Gates avait « créé le coronavirus » était lancée par un adepte de « QAnon ». Ce mouvement d’une opacité plus que suspecte aurait été créé en 2016. Son nom réunit la lettre « Q » (le plus haut degré de sécurité dans les Ministères américains) et « Anon » pour « Anonymous ».

Sur le terrain, il s’agit des trumpistes les plus fanatiques, les plus ultra-nationalistes, identitaires et libertariens, toujours prêts à accuser le reste du monde (au début l’Iran, mais désormais le Parti communiste chinois) de vouloir mettre fin à l’American Way of Life.

Le cœur de la machine Trumpiste, qui gère cet homme comme un vulgaire « animal de cirque » — rôle que trop souvent, il endosse volontiers — a rapidement compris que d’un point de vue purement électoral, la réélection de leur chouchou risquait d’être menacée.

Pourquoi ? En cas de confinement, pensent-ils, surtout lors d’un krach boursier qu’ils tentent de faire oublier, comment justifier que l’on n’organise plus de meetings géants de 25 000 personnes, comment maintenir les primaires et même la convention républicaine ? Comment expliquer aux évangélistes de l’ultra-droite chrétienne que ce n’est pas une punition divine ? Comment les empêcher de faire leurs réunions géantes, dont ils tirent leurs revenus ?

Au lieu de chasser Pompeo, ils veulent chasser Fauci

Il fallait donc minimiser la menace et clouer le bec à toute personne qui « exagère » le danger. Dans leur esprit, le problème est que le 29 janvier 2020, le Docteur Anthony Fauci a intégré la cellule de crise de l’administration Trump sur le coronavirus (White House Coronavirus Task Force).

Ce chercheur de haut niveau bardé de diplômes et de distinctions intervient chaque soir à la télévision afin de faire le point sur l’évolution de la situation, exprimant assez souvent sa vision scientifique, ses précautions, radicalement opposées aux illusions et souhaits de Donald Trump et de ses impresarios.

La machine à calomnier se met alors en marche. Le hashtag #FireFauci est lancé. Trump le twittera un jour, officiellement par erreur. A cela s’ajoute que Bill Gates et Fauci, par la force des choses, se connaissent et se sont croisés lors de coopérations. Discréditer ce que dit et pense Fauci en tapant sur Bill Gates (un riche) qui tend à le suivre, passe mieux dans l’électorat trumpiste.

La pandémie du Covid-19 arrive aux Etats-Unis. Dès la fin janvier, alors que d’autres minimisent le danger, Gates sonne le tocsin. Le 30 avril, dans le prestigieux New England Journal of Medecine, le milliardaire précise que c’est le moment d’écouter sa proposition en faveur d’une mobilisation internationale. Il faut aider l’Afrique, ose-t-il dire alors les gouvernements occidentaux courent aux quatre coins de la planète pour s’accaparer les masques avant leur voisin. Là-bas, en Afrique, martèle-t-il, il faut des hôpitaux et des services de santé performants dans toutes les régions, capables de faire remonter l’information. N’attendons pas que les gens se ruent sur les hôpitaux ! Agissons avant !

Bill Gates, après avoir offert un soutien financier à la Chine, souligne dans les pages du Figaro qu’il est complètement contre-productif de pointer du doigt la Chine, un pays qui a fait le maximum et a été transparent. Pour le remercier, Xi Jinping lui envoie une lettre précisant que la Chine acceptera la main tendue.

La boucle est bouclée. Trump suspend le financement américain de l’OMS. Les ultras exigent désormais la « déclassification » des échanges entre Fauci et l’OMS, un organisme « à la botte de Beijing ».

Plandemics

Enfin, pour couronner le tout, un livre infecte, intitulé La peste de la corruption vient de sortir, signé par Judy Mikovitz, une scientifique narcissique tombée dans l’ésotérisme de l’anthroposophie de Rudolf Steiner dont elle fréquente les assemblées.

Préfacé par Robert Kennedy junior (qui s’oppose aux vaccins, mais tout autant au nucléaire, aux barrages et même au paracétamol), promu par le New York Times et Luc Montagnier, le livre se déchaîne contre Fauci, accusé d’avoir retardé les recherches sur le SIDA, et de dire du mal de la chloroquine, rien que pour promouvoir les vaccins de son ami Bill Gates ! Une vidéo intitulée « Plandemics » circule, ajoutant un peu plus d’huile sur ce qui est désormais un feu de brousse envahissant.

Mikovitz, s’amuse a contredire la majorité des scientifiques en affirmant que le virus n’est pas d’origine naturelle et donc ne peut être que sortie d’un laboratoire chinois comme le P4 de Wuhan ou d’un laboratoire de l’Armée américaine.

De quoi plaire à une autre mouvement spirituel redoutable, le Falun Gong dont le journal Epoch Times, un autre soutien à la campagne de Trump, combat la vaccination et répand les fadaises complotistes de Qanon.

Le 23 avril, page Youtube d’Epoch Times a posté un entretien vidéo de 27 min avec Mikovitz lui permettant d’étaler ses analyses anti-chinoises délirantes.

Or, Huayi et Siuling Zhang ont contribué, rien qu’en 2016, la somme de 909 500 dollars à l’entreprise New Tang Dynasty, la société éditrice d’Epoch Times (Source). Or, Siuling Zhang a travaillé pendant longtemps pour le milliardaire américain Robert Mercer. En 2016, Mercer a été des grands mécènes de la campagne électorale de Trump. C’est avec sa fille Rebekah, que l’ultra-nationaliste Steve Bannon avait monté la société Cambridge Analytica, une entreprise spécialisé dans l’exploitation politique des mégadonnées numériques. On estime que le libertarien Robert Mercer, qui vient de faire un don de 335000 dollars à la campagne pour la réélection de Trump, après avoir pris ses distances avec Trump, est de retour.

Enfin, une vidéo récente produite par un adepte de QAnon assemble des images de manifestations anti-confinement dans plus de trente pays. Les manifestations prennent de l’ampleur, notamment à Stuttgart en Allemagne.

Au lieu de prendre le taureau par les cornes (surtout celui de Wall Street) en disant la vérité sur le danger, Trump, en appelant au dé-confinement précoce, creuse son propre tombeau électoral.

Et accuser les Chinois d’empoisonner le peuple américain reste alors la dernière option pour tenter de détourner les regards. Sale temps.


[1Chez S&P nous ne partageons pas cette illusion qui prétend qu’un équilibre démographique puisse s’installer de façon durable. Nous estimons qu’il faut, sans précipitation, développer des ressources nouvelles pour tous, et envisager à rendre habitable, dans le siècle à venir, d’autres planètes de l’univers. Nous faisons le pari de la créativité humaine pour effectuer les percées scientifiques et technologiques et culturelles permettant d’y arriver.