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Et si l’on réveillait l’identité productive des Européens et Américains ?

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S&P—La pandémie du coronavirus poursuit ses ravages. Et, alors que la vague du tsunami économique et social commence déjà à frapper, sans qu’aucun gouvernement n’ait pour l’instant pris les mesures à la hauteur, un débat émerge un peu partout, mais souvent de façon morcelée, en faveur d’une économie dirigée, faisant référence ici au New Deal de Roosevelt, là à la planification, ou encore à la participation gaulliste. Manque la vision d’ensemble, une belle idée du travail et de l’être humain et surtout l’organisation du combat politique pour en faire la nouvelle réalité. C’est ce à quoi s’attelle Solidarité & progrès.

Triple défaite

La faillite autant morale que financière du néolibéralisme occidental se tient devant nous, tel l’éléphant au milieu de la pièce. Il ne lui reste guère que le masque de l’arrogance des « élites » – et l’emploi de la force, son corollaire – pour se cacher. Les fortes tensions actuelles entre les États-Unis et la Chine n’ont pas d’autre raison d’être : une puissance sur la pente descendante façonnant une image d’ennemi de l’autre puissance, elle sur la pente ascendante, et désignée responsable de tous ses maux. Cette situation s’aggrave de jour en jour, au fur et à mesure des provocations et accusations hystériques du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, inspirées par les services de renseignements anglo-américains, et malheureusement colportées par un Donald Trump en pleins errements électoraux.

A lire : Les derniers jours du secrétaire d’État Mike Pompeo.

D’un point de vue français, l’échec patent du gouvernement Macron-Philippe dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus a acté une triple défaite : celle de la mondialisation financière et du sentiment de supériorité occidentale ; celle du système pyramidal français, et de l’oligarchie des pantoufleurs qui en est à la tête ; et enfin celle de la « start-up nation », parangon d’une société sans cols bleus livrée à un « managériat » sans scrupules.

Et puisque la nature a horreur du vide, tout le monde s’engouffre aujourd’hui dans le débat sur le « monde d’après », quitte à retourner sa veste, à chérir ce que l’on conspuait hier, et à préparer de nouveaux lendemains qui déchantent. Notre défi est donc d’organiser un mouvement de citoyen autour d’un véritable plan de refondation du système économique, au niveau national comme international.

Retour aux sources

Le pessimisme et de la médiocrité qui règnent aujourd’hui créent une telle inertie sociale qu’il est vital de nous remémorer le meilleur de notre histoire, non pour y trouver des recettes toutes faites, mais pour y puiser à la source l’esprit créateur qui a animé le fondement et le développement des nations. C’est dans cet esprit que la présidente internationale de l’Institut Schiller Helga Zepp-LaRouche a publié un appel adressé aux citoyens américains, les encourageant à ramener les États-Unis à « la meilleure tradition de leur histoire ». Le préambule de la Constitution, qui défend le bien-être général, pour la génération actuelle comme pour les générations futures, constitue « un rejet implicite de la loi de l’actionnaire [’shareholder value’] et du libre-échange débridé de la mondialisation, promus à l’époque et encore aujourd’hui par l’Empire britannique, qui a non seulement a creusé le fossé aux États-Unis même entre une caste de milliardaires de plus en plus riches et le nombre croissant de pauvres, mais est également responsable du sous-développement catastrophique dans les pays dits en développement ».

Paradoxalement, la pandémie de coronavirus a créé les conditions dans lesquelles il devient possible de réveiller l’identité productive des Américains et des Européens. Ces dernières semaines, en dépit de l’absence d’un véritable État, nous en avons vu les frémissements, avec des centaines d’initiatives créatrices, avec la fabrication, par des particuliers ou par des PME, de masques, de visières et autres matériels de protection pour les personnels soignants. Aux États-Unis, les employés qualifiés du secteur des machines-outils et des départements de R&D de Ford, Chrysler et General Motors se sont mis au travail pour trouver comment fabriquer les ventilateurs, comment réutiliser les matériaux utilisés pour les sièges de voiture afin de fabriquer des équipements de protection pour le personnel médical, etc. L’équipe Ford ayant travaillé sur les ventilateurs a décidé de baptiser son projet « Apollo 13 », en référence, bien sûr, à l’incroyable effort des ingénieurs de la NASA, en 1970, pour ramener sur terre le vaisseau spatial en détresse avec simplement le matériel qu’ils avaient à bord. Essentiel dans un pays où il ne reste que 15 % d’emplois productifs...

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