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China-bashing : Londres veut préempter toute alliance internationale contre le Covid-19

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S&P—L’hystérie anti-chinoise atteint des sommets ; plusieurs États américains ont lancé des procédures judiciaires contre le Parti communiste chinois, accusant le gouvernement chinois d’avoir caché la gravité de l’épidémie de coronavirus. Ce sont les services britanniques et américains, via la Henry Jackson Society, qui ont initié cette croisade folle rappelant les pires moments de la guerre froide.


Le sang tourne et bouille, et les esprits perdent la tête. Aux États-Unis, où l’épidémie de coronavirus et ses conséquences économiques et sociales prennent des proportions vertigineuses, la propagande initiée par les néoconservateurs anglo-américains pour faire de la Chine un bouc émissaire prend tel un feu de paille. Trois États – le Missouri, le Nevada et le Mississippi – ont déposé plainte contre le gouvernement chinois, le Parti communiste chinois (PCC) ainsi que d’autres responsables et institutions du pays du milieu, les accusant d’avoir « caché des informations cruciales » au tout début de l’épidémie. Le procureur républicain du Missouri Eric Schmitt, qui a déposé la plainte au civil mardi, a dénoncé « une campagne effroyable de tromperie, de dissimulation, de malversation et d’inaction ».

Aucune preuve n’a été apportée pour prouver que la Chine est coupable d’avoir tardé à communiquer sur la gravité de la maladie. Et dans l’hypothèse où cela aurait été le cas, les dirigeants occidentaux ne peuvent tenir la Chine pour responsable de leur propre inaction dans la période allant du 23 janvier, date de la mise en confinement de Wuhan, à la mi-mars, moment où les premières décisions ont été prises en Europe, puis au Royaume Uni et aux États-Unis...

Comme nos lecteurs le savent, les milieux néoconservateurs anglo-américains, qui s’accrochent obstinément aux privilèges que se sont accordés les « vainqueurs » de la Deuxième Guerre mondiale, tentent désespérément de saboter toute coordination et coopération internationales pour lutter contre la pandémie. Car le danger est trop grand pour eux de voir cette coopération s’étendre à une remise en cause globale du système destructeur de profit financier centré sur Wall Street et la City de Londres, qui a pourtant créé les conditions de cette crise sanitaire. L’enjeu se cristallise en particulier aux États-Unis, où il s’agit pour eux de détourner Donald Trump de son premier instinct en faveur d’une entente avec Poutine et Xi Jinping.

Londres tire la ficelle anti-chinoise

C’est bien du Royaume-Uni qu’a été lancée la campagne « la Chine doit payer », à partir d’un rapport publié le 5 avril par la Henry Jackson Society (HJS), un think-tank néoconservateur basé à Londres, qui encourage les pays membres du G-7 à réclamer jusqu’à 4000 milliards de « compensations » financières pour les dommages causées par la pandémie. Ce rapport a été largement diffusé dans la presse conservatrice britannique, et relayé dans plusieurs pays, notamment en Allemagne – où le Bild Zeitung a demandé que la Chine rembourse 140 milliards d’euros à l’Allemagne –, et aux États-Unis. L’ancien directeur du MI-6 John Sawers est lui-même monté au créneau pour pousser les Américains à attaquer la Chine.
A lire : Covid-19 : « faire payer la Chine », c’est préparer la guerre.

Ce n’est pas la première fois que Londres se trouve au cœur d’une campagne visant à mettre le feu aux poudres. Rappelons que ce sont les services secrets britanniques qui ont concocté le « sexy dossier » des prétendues armes de destruction massive irakiennes, remis à Tony Blair par le directeur de l’époque du MI-6, Sir Richard Dearlove, un membre fondateur de la HJS. Les Britanniques ont été à l’initiative de presque tous les montages lancés directement ou indirectement contre la Russie : « l’affaire Skripal », les accusations d’utilisation d’armes chimiques en Syrie, et surtout le montage politico-médiatique dit du « Russiagate »accusant la Russie d’avoir manipulé les élections de 2016 pour faire élire Trump, où l’on retrouve Richard Dearlove dans le rôle du parrain de Christopher Steele, l’homme du fameux « dossier Steele ».

L’alliance atlantique contre la coopération mondiale

Le lundi 19 avril, lors d’une visio-conférence intitulée « L’alliance atlantique dans un nouvel âge de compétition entre puissances », la HJS a exposé sa vision du monde et ...suite