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La justice Américaine donne raison à Snowden : la surveillance de masse de la NSA (National Security Agency) est illégale

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S&P—Un tribunal américain vient de déclarer illégale la surveillance de masse appliquée par la NSA (la National Security Agency, avec la CIA, le plus important service secret des États-Unis), donnant raison au lanceur d’alerte Edward Snowden, qui a courageusement dévoilé ce programme en 2013. Plus grave encore, le tribunal a souligné que ce programme d’espionnage s’était avéré impuissant à stopper une quelconque attaque terroriste, donnant cette fois-ci raison aux lanceurs d’alerte Kirk Wiebe et William Binney, deux hauts responsables de l’agence qui avaient démissionné au lendemain du 11 septembre 2001, et qui ont pris la parole ce week-end lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller.

La vérité finit toujours par l’emporter. Le 2 septembre, sept ans après le début du parcours épique d’Edward Snowden, depuis les quartiers de la NSA à Hong-Kong puis à Moscou, où il a trouvé l’asile politique, la cour d’appel fédérale du 9e district, à San Francisco, a rendu un avis sans détour : la surveillance téléphonique menée par la NSA pour collecter secrètement des millions d’échanges représente une violation de la loi régissant les opérations des agences de renseignement.

Snowden, qui est inculpé au pénal aux États-Unis pour espionnage et vol de secrets d’État, et qui risque jusqu’à 30 ans de prison, a écrit sur son compte Twitter : « Je n’aurais jamais imaginé que je vivrais assez longtemps pour voir nos tribunaux condamner les activités de la NSA comme étant illégales et dans le même jugement me créditer pour les avoir exposées. Et pourtant, ce jour est arrivé ».

Cette décision de la cour américaine confirme que le vent commence à tourner aux États-Unis, après que le président Trump a lui-même opéré en août dernier un virage à 180° à propos de Snowden, en évoquant la possibilité de lui accorder la grâce présidentielle. Les dirigeants politiques français qui, de François Hollande à Emmanuel Macron, ont fait la sourde oreille aux demandes d’asile de l’ancien informaticien de la NSA, feraient bien d’en tirer les leçons, et accorder immédiatement l’asile à Julian Assange avant qu’il ne décède dans la prison britannique, où son état de santé se détériore de jour en jour.

Le 11 septembre aurait pu être empêché

Plus terrible encore pour tous les anciens dignitaires des administrations Bush et Obama — deux présidents qui ont menti comme des arracheurs de dents à ce sujet —, cette surveillance de masse illégale a été parfaitement impuissante dans la lutte contre le terrorisme, selon la cour d’appel. En effet, pressés de justifier ce programme, les dirigeants de la NSA n’avaient réussi à citer qu’un seul cas où il aurait été efficace : celui de Basaalay Moalin, un citoyen américain d’origine somalienne reconnu coupable d’avoir transféré 8500 dollars (!) à une milice extrémiste liée à Al-Qaïda. Or, la cour a statué que la mise sous écoute de Moalin, en plus d’être illégale, n’avait pas été décisive, et que par conséquent aucune preuve ne lui a été présenté permettant de dire que le programme de la NSA a pu empêcher des attaques terroristes.

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