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La proposition de Poutine pour écarter le danger de conflit nucléaire

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S&P—Le 25 septembre, Vladimir Poutine a proposé aux États-Unis un accord pour éviter « une confrontation massive » dans le domaine cybernétique. Par cette initiative, entreprise à quelques mois de l’expiration du traité New Start de réduction des armes stratégiques, le président russe cherche à écarter le risque d’escalade vers un conflit nucléaire, et à neutraliser les adeptes, côté américain, de la doctrine de « première frappe nucléaire ».

Proposition d’accord stratégique

En février 2021, le traité New Start de réduction des armes stratégiques, signé en 2010 entre Moscou et Washington, arrivera à expiration. Les négociations sont en cours entre les deux pays pour le prolonger, mais dans le contexte des tensions internationales et de la campagne présidentielle, les Américains jouent sur le seuil du point de rupture, posant des exigences inacceptables pour les Russes tout en menaçant de se retirer tout court du traité. Marshall Billingslea, l’envoyé spécial de la Maison-Blanche, a affirmé le 20 septembre qu’en cas de refus de la Russie, Washington sera « content de continuer la modernisation de l’arsenal nucléaire sans les restrictions de New Start ».

Face à cette mauvaise volonté, Poutine a mis sur la table une proposition visant, en abordant le problème par l’angle de la cybersécurité et du principe de non-ingérence, à rétablir le dialogue entre les deux puissances nucléaires – dialogue qui, suite au coup d’État de 2014 en Ukraine, est quasiment tombé au point mort.

Publiée sur le site internet du Kremlin, la déclaration propose aux États-Unis de travailler sur un accord pour « empêcher d’engager une première frappe cybernétique l’un contre l’autre », en quatre points :

1. Rétablir un dialogue régulier à grande échelle entre les deux parties pour garantir la sécurité à un niveau élevé dans le domaine.

2. Maintenir un fonctionnement continu et efficace des canaux de communication entre les services responsables de la réduction du danger nucléaire, les équipes de réponse rapide aux incidents informatiques et les haut fonctionnaires en charge des questions de la sécurité numérique.

3. Développer conjointement un accord intergouvernemental bilatéral sur la prévention des incidents dans le domaine numérique, similaire à l’accord américano-soviétique de 1972 sur les incidents en haute mer et dans l’espace aérien.

4. Échanger, dans un format mutuellement acceptable, des garanties de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, y compris dans les processus électoraux au moyen de technologies de l’informatique et du numérique.

Ces mesures ont pour but de reconstruire la confiance entre nos deux États, et de promouvoir la sécurité et la prospérité de nos peuples, a déclaré Vladimir Poutine. Elles contribueront de manière significative à garantir la paix mondiale dans le domaine numérique.

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