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Le ’cabinet des horreurs’ d’un gouvernement Joe Biden

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S&P—L’annonce la semaine dernière de la composition d’un hypothétique gouvernement Biden confirme les pires craintes : son inauguration le 20 janvier prochain signerait bel et bien le retour des États-Unis à la politique des années Bush-Cheney et Obama de « changement de régime » et d’escalade militaire contre la Russie et la Chine, ainsi qu’au projet de fascisme financier « vert » des banques centrales et de leurs parrains de Londres et de Wall Street – récemment renommé le « Great Reset ».

Dans les rédactions, on savoure la réussite d’une opération ayant conduit à imposer le scénario de l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis. Donald Trump passe pour un fou furieux s’accrochant désespérément au pouvoir, soutenu par une poignée de fanatiques adeptes de la théorie du complot de la fraude électorale...

Toutefois, au matin de la présentation par le « President Elect » de son futur gouvernement, les médias atlantistes se sont réveillés avec une certaine gueule de bois, constatant avec un cynisme désabusé l’arrivée prochaine d’un « second gouvernement Obama ». Une évaluation qui est cependant très loin de donner la véritable mesure de ce qui constituerait en réalité – si le combat politique et judiciaire de l’équipe du président Trump devait échouer – une sorte de composition hybride Bush-Cheney-Obama, bien plus belliqueuse encore, et entièrement acquise au fascisme vert que nous combattons.

Vous avez aimé Cheney et Obama ? Vous adorerez Biden !

Étonnamment, même le très complaisant journal Le Monde s’en inquiète : « Alors que Barack Obama s’opposait courageusement [sic] à l’invasion de l’Irak, en 2003, son futur vice-président en était un chaud partisan au Sénat. Joe Biden est allé encore plus loin que la plupart des ’faucons’, proposant en 2006-2007 que l’Irak soit divisé en trois entités autonomes, sunnite, chiite et kurde, ce qui n’aurait fait qu’aggraver la guerre civile alors en cours, elle-même directement causée par l’occupation américaine », écrit en effet Jean-Pierre Filiu dans son article du 22 novembre « Retour sur quinze années d’erreurs de Biden en Irak .

Voici donc le cabinet des horreurs tel que l’a décliné Joe Biden le 23 novembre :

  • Antony Blinken, au poste de secrétaire d’État ; cet ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale de Barack Obama se trouvait, avec le vice-président Biden lui-même, au cœur du coup d’État orchestré en Ukraine en 2014, obtenu grâce à la participation active des milices néo-nazies. Son seul désaccord avec Obama fut qu’il aurait souhaité une invasion en bonne et due forme de la Syrie, au lieu de se « contenter » d’armer les terroristes dans l’objectif de faire tomber Assad.
  • Michele Flournoy, au poste de secrétaire de la Défense ; cet ancienne sous-secrétaire de la Défense sous Obama est un pur produit du complexe militaro-financier, dans la digne tradition d’un Donald Rumsfled ou d’un Dick Cheney. Depuis trente ans, elle pantoufle entre des postes au Pentagone et dans les principaux think tanks néocons, tels que le Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Georgetown, et le très influent Center for a New American Security (CNAS), lui-même une réédition du fameux Project for a New American Century (PNAC) et d’où viennent une grande partie de ses membres. Ayant soutenu les guerres d’Irak et de Libye, elle avait critiqué, comme Antony Blinken, la stratégie d’Obama en Syrie comme n’allant pas assez loin.
  • Avril Haines, comme directrice du renseignement national – c’est-à-dire le poste chapeautant les 17 agences de renseignement américaines. Haines fut l’un des principaux protagonistes du programme d’assassinats ciblés par drones, mis en place par Obama et par John Brennan, le chef de la CIA de l’époque. Un programme qui a causé, à travers plus de 500 frappes conduites au Pakistan, en Somalie et au Yémen, sans aucune forme de procès, la mort de centaines de victimes civiles, y compris de citoyens américains. Haines est également connue pour avoir légitimé les pratiques de torture de la CIA dans les 600 centres d’ « interrogations » établis à travers le monde, ou volants, sous l’administration Bush-Cheney.

Fascisme vert

Last but not least, la nomination de Janet Yellen, l’ancienne directrice de la Réserve fédérale américaine, au poste de ...suite