Editorials of / Editoriaux de Gilles Gervais
Back to previous selection / Retour à la sélection précédente

Une coopération américano-sino-russe

Printable version / Version imprimable

Les ministres des finances européens se sont réunis d’urgence la semaine dernière afin d’empêcher que la « dette souveraine hors contrôle » de quelques-uns ne contagionne l’ensemble des pays de la zone euro. Voilà comment la presse, dans sa quasi-totalité, rapportait la nouvelle. Cette caractérisation de « dette souveraine » masque la véritable nature du problème auquel est confronté les pays européens et retarde la discussion qui doit avoir lieu sur la mise en place d’une loi Glass-Steagall, [1] la seule option qui, à cette heure tardive, soit en mesure de sauvegarder l’intégrité et la souveraineté des états-nations et leurs populations.

L’idée du Général de Gaulle d’une Europe unifiée « de l’Atlantique à l’Oural », où les nations impliquées dans une alliance économique conservaient leur pleine souveraineté politique, a été abandonnée en faveur d’une déconstruction des nations, planifiée depuis l’antre de « la City ». Du point de vue des dirigeants du groupe bancaire Inter-Alpha, « la City » financière à Londres a réussi son pari de créer une Europe contrôlée par des bureaucrates inféodés à l’oligarchie et dépourvue de leaders politiques d’envergure.

Le problème n’est pas causé par la « dette souveraine » de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne ou de l’Italie. Le problème est causé par une spéculation outrancière et frauduleuse du groupe bancaire Inter-Alpha et leurs acolytes. Ce problème est aggravé par l’asservissement des gouvernements de la zone euro envers cette oligarchie financière et l’acquiescement à leurs diktats d’austérité fasciste. Les institutions multilatérales, de connivence avec le groupe Inter-Alpha, imposent une « gouvernance » dont le résultat est l’asphyxie de l’économie physique des états-nations d’Europe.

Geithner devient « persona non grata » à la réunion de Wroclaw

Lors d’une réunion en Pologne la semaine dernière, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner perturba les discussions des ministres des finances de la zone euro. Si Geithner avait réussi à se « faire inviter » par les européens, cela était imputable aux pressions de la Maison Blanche. Son intervention fut plus qu’un désastre, d’abord parce que sa présence représentait en soi une flagrante violation du protocole et surtout, parce que Geithner exigeait des ministres qu’ils appliquent des politiques monétaires qui auraient mené inexorablement le continent européen vers une hyperinflation semblable à celle qui affligea la république de Weimar à l’automne de 1923 !

Faire la guerre à l’Empire financier

Lors du dernier conflit mondial, les plans de guerre étaient élaborés par les états-majors de l’Alliance et présentés aux gouvernements pour leur « approbation ». Seule une telle approche peut fonctionner dans la situation actuelle de guerre réelle non déclarée qui oppose les états-nations contre « la City » et Wall Street.

Aujourd’hui un plan de guerre pour sauvegarder la souveraineté des nations et leurs citoyens a été élaboré par Lyndon LaRouche, celui-là même qui combat les réseaux de l’oligarchie britannique depuis plus de 6 décennies ! Les points saillants de ce plan se trouvent dans « Les 7 points indispensables à une sortie de crise ! » et sont disponibles sur notre site web sous forme vidéo et texte [2].

Un traité entre les États-Unis, la Russie et la Chine.

Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut régler la crise économique internationale par lui-même. Par contre, la Russie, la Chine et les Etats-Unis ont, au cours de leur histoire, tous les trois combattu l’Empire britannique, soit de façon isolée soit à travers une alliance : lors des guerres d’opium en Chine, lors de la guerre d’Indépendance américaine, et lors de la guerre de Sécession lorsque le Tsar Alexandre II dépêcha sa flotte vers les côtes américaines du Pacifique et de l’Atlantique dans le but de sauvegarder la présidence de Lincoln et empêcher la flotte anglaise de venir réapprovisionner en armes et en soldats les forces rebelles du Sud.

Ces trois puissances peuvent choisir de collaborer à nouveau en invoquant le principe de « l’avantage de l’autre » qui est au cœur du Traité de Paix de Westphalie (1648) [3] ]. Il est possible de forger une nouvelle alliance tripartite capable de garantir la paix par le développement de grands projets et d’étendre cette collaboration au domaine de l’exploration spatiale et de vols habités vers d’autres planètes.

Une telle alliance pour la science et le développement entre puissances souveraines menacerait directement l’équilibre géopolitique de l’oligarchie financière qui compte sur un de ses principaux atouts, le Président Barack Obama, le narcissiste-en-chef [4] des Etats-Unis, pour maintenir sa mainmise financière sur la planète. Voila pourquoi nous affirmons que l’invocation de la section 4 du 25e amendement [5] à la Constitution américaine contre Barack Obama ou une procédure constitutionnelle de destitution du Président devient la pré-condition pour faire appliquer la loi Glass-Steagall aux États-Unis et pour réussir une reprise économique globale.

Aujourd’hui, l’exploitation des ressources du Grand Nord canadien, de l’Arctique et de la Sibérie est indispensable au progrès d’une nation telle la Chine qui représente près du cinquième de la population mondiale. L’exploitation de ces ressources doit être envisagée dans le cadre d’un partenariat naturel entre états-nations souverains de la région trans-Pacifique. La construction du tunnel sous le détroit de Béring entre la Russie et l’Alaska, devient alors inévitable et, de ce fait, les relations au sein même de l’Asie ne pourront que s’améliorer.

Cette perspective devient encore plus fascinante lorsque l’on considère l’impératif du retour de l’homme dans l’espace. L’exploration éventuelle d’autres planètes viendra couronner les efforts millénaires de l’espèce humaine pour s’affranchir de la servitude des sens et pour perfectionner sa connaissance des lois de l’univers. Le Cosmos deviendra alors l’horizon commun de l’humanité toute entière.

L’économiste Lyndon LaRouche a développé cette perspective de sortie de crise russo-sino-américaine lors d’un entretien sur LPAC-TV le 14 septembre. Voici quelques extraits :

LaRouche : Bonjour. Nous sommes en effet devant une situation intéressante. Nous avons eu l’occasion d’en discuter en interne, mais je pense qu’à ce stade, on peut en parler publiquement.

Il est indéniable qu’un krach généralisé du système financier est en cours. Il reste à voir comment cela se terminera, mais il n’empêche que nous approchons d’un point de non retour dans cet effondrement global auquel on peut pourtant remédier.

La solution se trouve, pour l’essentiel, dans la conclusion d’un accord entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, qui ne serait qu’un pas préliminaire mais représente la seule issue capable d’empêcher le monde de sombrer dans la pire dépression de l’histoire. Car cette menace est immédiate, elle pourrait frapper d’ici la fin de l’année.

Qu’est-ce que cela implique ? Avant toute chose, l’actuel président des Etats-Unis doit être évincé. Les deux raisons principales en sont, d’abord son état mental qui, d’après les critères du 25e amendement de la Constitution, s’avère déficient, et deuxièmement, le fait qu’il ait violé la Constitution dans la conduite de la guerre en Libye [la Constitution stipule que dans les 90 jours suivant le début d’un conflit militaire, le président des Etats-Unis doit soumettre à l’approbation du Congrès sa décision d’entrer en guerre].

Pour ces deux raisons, Barack Obama est passible de destitution. A l’heure actuelle, il est déjà au bord de la dépression et l’homme ne pourra plus cacher encore longtemps qu’il est cliniquement inapte pour le métier de Président. A mesure que le temps passe, sa santé mentale se détériore de jour en jour. Obama est fini. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Etats-Unis le seront avant lui ?

En supposant qu’il quitte ses fonctions, on pourra alors rétablir la loi de séparation bancaire Glass-Steagall du président Franklin Roosevelt. Ce rétablissement ne suffira pas, à lui seul, à sauver le pays, mais il représente un pas indispensable pour sauver la nation. En d’autres termes, cela ne garantit pas, en soi, la résolution de tous nos problèmes, mais sans ce premier pas, c’est l’effondrement assuré des Etats-Unis, et même la fin de leur existence sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. On doit donc rétablir Glass-Steagall.

Une coopération américano-sino-russe

Une fois ce pas franchi, j’ai proposé deux autres mesures : d’abord, que les Etats-Unis concluent un accord cadre avec la Russie, du type approprié pour un traité dont je vais exposer la teneur. Ensuite, que ce traité soit immédiatement élargi à la Chine.

Les raisons qui m’ont conduit à soumettre une proposition diplomatique préliminaire de cette nature, c’est qu’aux Etats-Unis comme en Russie et en Chine, le potentiel existe pour conclure relativement vite ce type d’accord. En d’autres termes, si l’on tentait d’y inclure d’emblée un grand nombre d’autres pays, cela échouerait, car trop de sujets feraient capoter les négociations.

L’intérêt de la Chine

La situation russe s’y prête. Un Poutine très actif revient en tant que candidat présidentiel. C’est ce qui définit le contexte actuel. Dans le cas de la Chine, il est clair que si le système mondial bascule, il l’entraînera dans sa chute car elle dépend des marchés étrangers pour accéder à des produits manufacturés et autres biens de ce type. Un krach du système mondial aurait ainsi, à long, voire à moyen terme, des conséquences tragiques pour la Chine. Tout comme la Russie, elle a besoin entre autres, pour se développer, d’une source d’approvisionnement en matières premières et minerais. La Chine connaît un processus avancé de développement qu’il est souhaitable d’étendre. Or, cela nécessite des minerais, et il en existe dans le nord de l’Asie. Évidemment, les Etats-Unis ont le même type de besoins et c’est également une solution pour la Russie.

Aussi ces trois nations, Etats-Unis, Russie et Chine, devraient-elles conclure un traité établissant un système de crédit opérant avec des parités fixes entre leurs devises – le genre de projet que Franklin Roosevelt envisageait entre ces nations au sortir de la guerre.

Voilà ce dont le monde a besoin aujourd’hui et pour longtemps. J’étais un jeunot qui terminait son service militaire quand cela fut mis en place à l’époque. Aujourd’hui, cela marchera.

Une fois ces trois pays parvenus à un accord, il sera assez facile d’y rallier un grand nombre d’autres nations dans des conditions similaires, car toutes sont assez inquiètes pour leur sort. Tous les pays du monde ont besoin d’un système de crédit à taux de change fixes, tel que l’envisageait Franklin Roosevelt à la fin de la guerre. Cela tomba à l’eau avec sa disparition et l’arrivée de Truman.

Voilà où nous allons, ou plutôt, où nous devons aller. C’est un changement dramatique et cela doit avoir lieu comme un changement dramatique. C’est pour cela que je n’ai retenu que trois pays au départ. Car les autres, tels que l’Inde par exemple, bien que qualifiés pour intégrer ce processus, seraient obligés de surmonter des processus internes, ce qui empêcherait d’aboutir à un accord dans un délai raisonnable. Mais je sais qu’une fois un accord obtenu entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, on arrivera rapidement à un accord global, ou du moins très large, avec d’autres pays.

Cela nécessitera une âpre bataille. Ce projet n’est pas encore sur la table, mais je serai sans doute associé personnellement à cette démarche. Le moment est venu pour moi de donner les grandes lignes de ce vers quoi nous évoluons. En tout cas, cette démarche est la seule issue. Les Etats-Unis doivent évincer ce Président pour des raisons parfaitement légales, car il s’est livré à des violations flagrantes de la Constitution et son esprit est manifestement défaillant. Cela saute de plus en plus aux yeux. Par exemple, alors qu’Obama s’adressait à un auditoire, dans la salle les gens jouaient aux cartes et discutaient entre eux, du genre : « Tu sais ce que ma grand-mère pense de ce type ? » Plus personne ne le respecte, disons-le, dans les milieux qui autrefois étaient impressionnés par sa présence. C’en est fini pour lui, il a perdu les pédales.

Voilà ce qu’il faut faire. C’est la seule solution à effet immédiat.

Il faut toutefois ajouter une chose, qui s’avère de toute façon nécessaire avec le rétablissement de Glass-Steagall, y compris en l’absence d’accord avec la Russie et la Chine. Rappelons-nous ce qui s’est passé en 2007 lorsque j’avais élaboré le Homeowner and Bank Protection Act (HBPA, loi sur la protection du logement et des banques), que de nombreux États entendaient adopter. Ils ne sont jamais allés jusqu’au bout. Entre-temps, en particulier depuis début 2008, avec le lancement du processus de renflouement bancaire, les Etats-Unis sont devenus un tel amas de ruines que même le rétablissement de la loi Glass-Steagall ne pourrait sauver ce pays de l’enfer. Pour la simple raison que le crédit disponible requis pour tout ce qu’il faudrait reconstruire d’urgence sur le plan économique, n’existe tout simplement plus au sein du système monétaire actuel.

Sans NAWAPA, pas de solution

JPEG
Le projet NAWAPA (Alliance nord-américaine pour l’eau et l’énergie).

C’est uniquement en revenant à un système de crédit à parités fixes qu’on pourra dégager les fonds nécessaires pour servir un dessein de type rooseveltien et de cette envergure. Par exemple, à moyen et long terme, on ne peut offrir aucun avenir aux Etats-Unis sans rétablir le Glass-Steagall et sans réaliser le projet NAWAPA [6] (North American Water and Power Alliance, alliance nord-américaine pour l’aménagement de l’eau et de l’énergie). Sans NAWAPA, pas de solution à long terme pour les Etats-Unis. Ce projet est immédiatement faisable car il s’agit d’un plan élaboré dans les moindres détails, même si l’ancienneté de sa conception nécessite quelques mises à jour techniques. Toutefois, sa réalisation insufflera un tel élan de productivité dans l’économie américaine que l’adoption de Glass-Steagall, couplée à la mise en place d’un système de crédit, permettra de sortir immédiatement les Etats-Unis de la crise en les embarquant dans une relance économique accélérée. Cela fait partie intégrante de l’accord américano-sino-russe. On pourrait y ajouter beaucoup d’autres choses mais c’est là l’essentiel.

Sky Shields : [*] Je voudrais souligner trois choses dans ce qui vient d’être évoqué. Primo, le besoin de lancer le projet NAWAPA ; secundo, la volonté de la Russie d’aller avec les Etats-Unis dans cette direction si nous changeons de cap ; et tertio, le fait que tout cela est impossible si Obama n’est pas évincé du pouvoir afin de faire naître un autre système de crédit.
Il faut également se rappeler quelques développements importants ces derniers mois en Russie. Quand on regarde la carte de notre projet de « Pont terrestre eurasiatique », cela semble dépasser de loin l’imagination de la plupart de nos concitoyens. On y voit tout un maillage de couloirs de développement formés par des lignes de chemins de fer et d’autres modes de transport rapides, reliant la pointe méridionale de l’Afrique, via le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie, en franchissant le détroit de Béring par tunnel, pour rejoindre, en traversant l’ensemble des Etats-Unis, l’extrémité du cône de l’Amérique du Sud. La partie étasunienne est essentiellement composée du projet NAWAPA. Du côté russe, on constate depuis quelque temps un immense regain d’intérêt pour le développement des régions de l’extrême orient russe.

Le cosmodrome national de Vostochny

JPEG
La maquette du prochain cosmodrome de Vostochny

La première pierre de ce projet sera posée avec la construction du nouveau cosmodrome national de Vostochny, (voir la vidéo ici)
près d’Uglegorsk. Avec une surface de 100 km2, il sera la première base de lancement spécifiquement russe. Jusqu’ici la Russie lançait ses fusées à partir d’une base spatiale, que lui louait le Kazakhstan. Avec le cosmodrome de Vostochny, la Russie compte se doter de sa propre base spatiale. C’est déjà une perspective enthousiasmante en soi, mais quand on en évalue les implications sur la carte, on se rend vite compte qu’il s’agit de désenclaver et de développer toute une région. Dotée de nombreux centres de production pour l’industrie spatiale, la ville accueillera quelque 30 000 habitants. Elle est située directement sur le BAM, la ligne dite Magistrale reliant Baïkal à l’Amour, dont le tracé offre une troisième interconnexion entre l’Europe et l’extrême orient russe, les deux autres étant le transsibérien et la ligne longeant la frontière chinoise. On prévoit de doubler la ligne ferroviaire, ce qui ne pose aucun problème d’espace. On compte également installer des lignes électriques et des réseaux de communication le long de la ligne. Sans oublier la construction d’un aéroport et l’interconnexion de la région avec le reste du Pont terrestre eurasiatique, c’est-à-dire avec le transsibérien et les couloirs de développement économique sur le tracé de l’ancienne « route de la soie ».
Cela ne se réduit donc pas à une simple base de lancement, c’est un élément clé d’un développement intégré du Continent et au-delà. Il n’est donc pas faux de dire qu’il s’agit du pendant au projet NAWAPA aux Etats-Unis.

Gilles Gervais

[*] Responsable de l’équipe scientifique du LaRouchePAC.

Voir ses présentations en français :

*Maîtriser les forces de l’évolution de la biosphère

*L’univers est créatif