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Appel à un Glass-Steagall global

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Appel à un Glass-Steagall global (2012)

Notre projet vise à créer les conditions d’une relance de l’économie physique au service de l’Homme. Nous sommes convaincus que cette démarche est la seule de nature à créer les ressources nécessaires aux générations futures et à stopper une logique de guerre.

1. Dans tous les États de la zone transatlantique, des lois doivent être votées afin d’instaurer un système de séparation des banques, à l’image de la loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt, adoptée le 16 juin 1933 et dont les principes existaient aussi dans les États européens jusqu’au début des années 1980, sous forme de régulations strictes, en vertu desquelles le secteur bancaire avait un caractère industriel dominant rendant pratiquement impossible d’accéder à l’épargne privée pour mener des opérations spéculatives à risque.

Comme ce fut le cas aux États-Unis avant l’abrogation de la loi Glass-Steagall par la loi Gramm-Leach-Bliley, en 1999, il faut totalement séparer les banques commerciales (aux fonctions de dépôt et de crédit), des banques d’investissement et du secteur de l’assurance.

2. Les banques commerciales doivent être protégées par l’État tandis que les banques d’investissement doivent se charger elles-mêmes de mettre de l’ordre dans leurs bilans sans que les contribuables soient mis à contribution, ce qui veut dire, en pratique, que des milliers de milliards de créances et de titres toxiques devront être annulés, même si cela provoque l’insolvabilité des banques.

3. Dans la logique du nouveau principe de crédit, un système de banque nationale, inspiré par le précédent d’Alexandre Hamilton, doit organiser l’émission de crédits à long terme et à faible taux d’intérêt en faveur d’investissements destinés à augmenter la productivité de l’économie, en privilégiant un accroissement du flux de densité d’énergie et le progrès scientifique et technique.

4. Pour reconstruire l’économie réelle, des accords de coopération à long terme entre États souverains doivent être conclus, ayant pour objectif la réalisation de projets d’infrastructure et de développement définis dans le cadre d’un programme méditerranéen et Nord-américain pour un nouveau miracle économique, conçu comme l’extension nécessaire d’un pont terrestre mondial. Ces accords se traduiront de fait par un nouveau système de crédit et un nouveau Bretton Woods, dans la tradition de Franklin Roosevelt.

Introduire une loi sur la séparation des banques et l’instauration d’un système de crédit ne vise en aucun cas à une simple amélioration technique du système bancaire, mais plutôt à organiser la manière dont l’économie pourra assurer l’existence de l’humanité sur plusieurs générations à venir, afin que la richesse créée et constamment accrue puisse être transmise à ces générations. L’homme doit redevenir ainsi le centre et le but de l’économie.

Appelons de toute urgence les gouvernements et les parlements à remplir leur devoir constitutionnel et à adopter immédiatement le système de séparation des banques, afin de protéger le bien-être des peuples dont ils sont les représentants.

Le principe Glass-Steagall ou comment créer de la bonne dette (2011)


par Lyndon H. LaRouche

Samedi, lors de son discours sur l’état de l’Union délivré depuis Washington DC, l’économiste américain Lyndon LaRouche a été implacable sur la situation de l’économie mondiale : soit on liquide les dettes spéculatives avec un Glass-Steagall, soit ce sont elles qui nous liquiderons sous forme d’austérité fasciste sponsorisée par les intérêts financiers de la City et de Wall Street. Pour mieux faire entrevoir à son auditoire la portée du principe Glass-Steagall, LaRouche a présenté l’origine et l’essence de cette loi promulguée par Franklin Roosevelt en 1933 :

« Après la victoire contre l’Empire britannique, les 13 colonies devenues États-Unis se retrouvèrent avec une dette de guerre représentant un véritable fardeau. C’est le génie d’Alexander Hamilton qui nous a permis d’y survivre, grâce au principe qui nous sauva une fois encore sous la forme de la loi Glass-Steagall de 1933. Cela nous sauvera encore aujourd’hui si nous faisons en sorte de rétablir cette loi coûte que coûte, immédiatement.

« Ce principe, il l’a mis au cœur de la Constitution américaine : c’est la clause inviolable du General Welfare. Tous les élus, qui ont prêté serment, et qui s’opposent à ce principe vont devoir soit changer d’avis, soit démissionner par désir de ne pas polluer nos institutions avec leurs opinions malsaines.

« Sur cette base, Hamilton fit des Etats-Unis un système de banque nationale répondant au principe d’un système de crédit plutôt que du modèle monétariste prévalant en Europe. Par la suite, cette solution sans précédent finit par influencer certains pays européens et américains, et donna aux institutions des États-Unis, jusque là, une durabilité bien supérieure aux autres grands pays. C’est pour cela que l’Empire britannique cherche à nous subvertir et nous détruire depuis 1776, en instiguant cette corruption anglophile que l’on voit à l’œuvre chez ce protégé de Tony Blair qu’est le Président Barack Obama.

« Ce principe de système de crédit d’Hamilton est intrinsèquement et directement opposé au concept monétariste qui naquit dans la politique usurière de l’Empire Romain, que poursuit l’Empire britannique aujourd’hui, et qui reste toléré par la plupart des nations d’Europe et d’ailleurs.

« Ce principe est également de nature morale contre l’usure monétariste employée pour détruire notre république, en particulier depuis la trahison criminelle du Président Nixon en août 1971.

« Ce principe est élémentaire : on le retrouve dans la création par la Colonie de la Baie du Massachusetts, de son fameux Pine Tree Shilling. [*] Une dette honnête envers l’avenir ne peut être payée qu’à travers l’honnête création à l’avenir d’une richesse physique équivalente, ce qui inclus le développement des pouvoirs créateurs de chaque citoyen, de chaque enfant et de chaque adolescent.

« Les dettes générées par un système de crédit sont remboursées par la prolificité de la production future ; c’est ce qu’avait déjà compris les Winthrop et les Mather de la colonie du Massachusetts. De telles dettes requièrent que le gouvernement limite leur accumulation à la part efficiente de son engagement à promouvoir la production. Légalement, elles ne peuvent être contractées que sur la base de la création accrue de richesse physique et de la croissance de la productivité physique de la nation. Toutes dettes contractées sous le coup de la spéculation financière n’ont aucune légitimité au yeux d’un gouvernement.

« Voilà comment décrire avec des mots simples le grand principe d’Hamilton que l’on retrouve dans l’intention implicite du préambule de notre Constitution.

« Les dettes sont bonnes lorsqu’elles sont conçues pour l’être, comme dans le cas d’un système de crédit qui repose sur l’engagement à accroître la création nette de richesse par personne et par kilomètre carré du territoire d’une nation. »

Notes :

[*] Le Pine Tree Shilling était la monnaie-crédit émise par le gouvernement de la Colonie de la Baie du Massachusetts au 17e siècle. Echangeable seulement au sein de son territoire, cette monnaie avait pour objectif exclusif le développement intérieur ; ce n’était pas un instrument monétaire arbitraire mais un véritable outil de crédit répondant à un projet d’organisation des forces productives.

Glass-Steagall : liquider la finance folle, rétablir le crédit public (2010)

L’effondrement du système financier international est en train d’emporter dans sa chute les nations et les peuples. Plutôt que de mettre en faillite organisée les masses d’actifs fictifs parasitaires, les dirigeants européens et américains préfèrent se soumettre à l’oligarchie financière et sacrifier services publics et systèmes sociaux qui remplissent pourtant, eux, une fonction vitale pour la société. Mercredi, lors d’une intervention sur la chaîne internet de son Comité d’action politique, l’économiste américain Lyndon LaRouche est revenu sur l’importance du rétablissement de la loi Glass-Steagall de Franklin D. Roosevelt pour inverser le cours de l’histoire.

Extraits :

Lyndon LaRouche : (…) En 1933, Franklin Roosevelt a mis en place la solution pour éviter l’effondrement général, problème qui se pose à nous aujourd’hui. C’est la solution Glass-Steagall. Les intérêts britanniques ont mis en garde les Etats-Unis si ces derniers venaient à rétablir le Glass-Steagall Act ; il y a eu des menaces réelles à l’encontre des Etats-Unis. Si bien que les membres du Congrès – que l’on devrait plutôt appeler « les démembrés » – ont abandonné leurs efforts pour la ré-adoption de cette loi pourtant absolument nécessaire.

Mais Glass-Steagall n’est pas une simple loi américaine, c’est un concept. Ce fut la première mesure du premier mandat présidentiel de Roosevelt et la seule politique possible pour permettre aux États-Unis de survivre à la crise de 1929. Ce n’est donc pas la loi d’un simple législateur, mais une loi de principe qui permet de débarrasser la société de sa surcharge d’actifs fictifs. Ces valeurs financières doivent absolument être purgées !

Il faut sauver les banques légitimes – les banques de dépôt – dont nous avons besoin, d’une part pour l’épargne et l’investissement des particuliers et des entreprises, et d’autre part pour constituer le bras financier du gouvernement fédéral,tel que l’avait défini Alexander Hamilton. Sa conception fut à la base de la Constitution des États-Unis, car l’union des 13 colonies ne pouvait se faire sans une économie viable. Pour avoir le gouvernement qui permettrait d’atteindre cet objectif, il fallait créer une constitution fédérale. La réforme bancaire entreprise par Hamilton fut à l’origine de la Constitution américaine. Et lorsque nous suivons les préceptes de notre Constitution, c’est l’instrument de gouvernement le plus efficace que l’humanité ait connu.

Jeffrey Steinberg : Pendant la Révolution américaine, Hamilton fut le second du général Washington, et de là, il fut témoin des conséquences désastreuses d’avoir un Congrès incapable d’ouvrir des lignes de crédit pour financer l’effort de guerre ; seuls les États eux-mêmes le pouvaient. Sachant à quel point nous sommes passés près de perdre la Révolution, je pense qu’il comprenait fort bien la nécessité d’un système fédéral…

Lyndon LaRouche : Non, sa compréhension allait bien au delà du pragmatisme, c’était pour lui une question de principe scientifique. Hamilton était un génie. Il n’était pas pragmatique pour un sou. C’est pourtant l’explication que donnent les économistes d’aujourd’hui, mais ce n’était pas du tout le cas. Hamilton n’a pas procédé à une simple rationalisation du système bancaire de l’époque dans les différents États. Ce qu’il a amené, c’est le principe du capital physique et du capital financier. Alors que l’on disait à l’époque « Nous sommes en banqueroute », Hamilton répondait « Non, nous sommes en banqueroute seulement si nous persistons à le croire. Si nous investissons dans ce qui créera de la valeur à l’avenir, alors nous pourrons dire – comme l’a fait la Colonie de la Baie du Massachusetts lorsqu’elle était encore gouvernée par sa charte originelle – émettons du crédit. La mise en place d’un système fédéral d’émission de crédit – et pas une simple rationalisation du système bancaire – est la seule chose qui puisse donner une valeur à un système bancaire qui en est dépourvu. » L’émission de crédit public est la base de notre système constitutionnel. Ce système de crédit est régi par l’amélioration du bien-être général.

Hamilton a clairement établi cette idée dans ses fameux rapports au Congrès [*] lorsqu’il était secrétaire au Trésor. Tout y figure en détail. Son idée est de créer du capital sous forme de crédit, c’est-à-dire de s’engager à payer plus tard quelque chose que l’on a pas encore. Mais il s’agit d’utiliser ce mécanisme pour donner une direction à la société afin de créer la valeur économique représentée par ce crédit. Dès lors, on est en banqueroute dès lors que l’on décide de se soumettre aux règles existantes. En créant notre République constitutionnelle capable d’émettre du crédit, nous ne sommes plus en banqueroute, car ce crédit, s’il est consenti par le peuple, fera connaître notre engagement à créer de la richesse. (…)

Notes :

[*] Voir ses Reports on Public Credit 1- On Public Finances (1789) 2- On National Banking (1790) 3- On Manufactures (1791).

« Ce principe est également de nature morale contre l’usure monétariste employée pour détruire notre république, en particulier depuis la trahison criminelle du Président Nixon en août 1971.