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Kazakhstan : une « révolution de couleur » pour saboter les négociations Russie-USA ?

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S&P—Le 10 janvier doit débuter à Genève le dialogue stratégique entre les Etats-Unis et la Russie, autour des deux traités proposés par Moscou visant à empêcher l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et l’expansion de l’Alliance atlantique vers l’Est. Cette réunion, qui sera suivie le 12 janvier d’une rencontre Russie-Otan et le 13 janvier d’une réunion dans le cadre de l’OSCE, ouvre un processus crucial, au moment où se joue une nouvelle crise des missiles de Cuba inversée. En quoi cela peut-il être lié à ce qui vient de se déclencher au Kazakhstan, et qui ressemble à s’y méprendre à une révolution de couleur ?

Des négociations Russie-USA sous grande tension

Soulignons tout d’abord que lundi, le P5 du Conseil de sécurité des Nations unies, c’est-à-dire les cinq membres permanents, se sont mis d’accord pour réaffirmer la déclaration très importante négociée entre Gorbatchev et le président Reagan à Reykjavik en octobre 1986, selon laquelle une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit donc jamais être menée. C’est la première fois que ces cinq puissances, toutes nucléaires, s’accordent sur une telle déclaration.

En soi, il s’agit d’une percée très importante. C’est un premier pas important dans la bonne direction. Mais évidemment, les paroles doivent être suivies d’actes, et cette déclaration, bien qu’extrêmement importante, ne suffit pas en elle-même à désamorcer la crise autour de l’Ukraine, ni la crise autour de Taiwan.

Les 10 et 11 janvier s’ouvrent donc à Genève les pourparlers sur la stabilité stratégique entre les États-Unis et la Russie, où doit être abordée la réponse des États-Unis à la demande faite par Poutine de signer les deux traités, où il exige que les États-Unis et l’OTAN apportent des garanties que 1/ l’Ukraine ne sera jamais intégrée à l’OTAN et 2/ l’OTAN ne s’étendra pas davantage à l’Est vers les frontières de la Russie. Poutine a tracé une ligne rouge claire, non négociable, et a fait comprendre que si la proposition était ignorée, la réponse russe serait dramatique, car la situation actuelle constitue une menace directe aux intérêts de sécurité vitaux et existentiels de la Russie.

Au lendemain de la réunion de Genève, le 12 janvier, doit avoir lieu le Conseil OTAN-Russie à Bruxelles. Tout à coup, une réunion préparatoire des ministres des affaires étrangères de l’OTAN a été organisée le 7 janvier. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, M. Grushko, a immédiatement dit que c’était un mauvais signe, car d’expérience, ces réunions des ministres des affaires étrangères ne font que compliquer les choses, et cela pourrait rendre plus difficile ce sommet à Bruxelles. Enfin, le 13 janvier doit avoir lieu à Vienne la discussion de l’OSCE autour du même sujet.

Les symptômes d’une « révolution de couleur »

Cependant, il s’agit donc d’un cadre diplomatique dans le contexte duquel on peut s’attendre à certaines mesures, et dont on peut espérer certains progrès. C’est pourquoi les événements qui viennent de se déclencher au Kazakhstan sont très inquiétants, et nécessitent une enquête complète sur l’ensemble des éléments qui entrent en jeu.

Les troubles ont éclaté en deux jours, dans de nombreuses villes, de manière manifestement coordonnée, assez violente à Almaty, où le bâtiment du gouvernement a été occupé. Officiellement, le facteur déclencheur est la suppression des subventions gouvernementales pour les prix du gaz, qui ont doublé en conséquence, provoquant une forte réaction de la population, étant donné que le taux d’inflation au Kazakhstan était déjà très élevé. ...suite


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