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Syrie : levons les sanctions et mettons fin à l’occupation américaine

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Les amis de l’Institut Schiller et les organisations du mouvement LaRouche dans le monde diffusent le communiqué suivant afin de faire pression sur les membres du Congrès américain pour obtenir au plus vite la levée des sanctions contre la Syrie.

Après les violents séismes qui viennent de frapper la région, les sanctions à l’encontre de la Syrie ne peuvent plus être tolérées. Pax Christi USA s’est joint à plusieurs groupes confessionnels dans une lettre ouverte demandant « à l’administration Biden et aux membres du Congrès de respecter la dignité de tous en levant les sanctions, en poursuivant la diplomatie et en envoyant de l’aide aux personnes les plus touchées en Turquie et en Syrie ».

Le webinaire diffusé en direct par l’Institut Schiller le 21 février, « Les sanctions contre la Syrie doivent être levées », a clairement mis en évidence que les sanctions et la guerre, qui ont plongé dans la pauvreté 90 % de la population syrienne, vont de pair avec l’occupation militaire de la Syrie par les États-Unis, qui doit également cesser.

Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller, Vanessa Beeley, journaliste britannique indépendante vivant actuellement à Damas, Marwa Osman, professeure, auteure et présentatrice de télévision libanaise, le colonel Richard H. Black (retraité), ancien sénateur de l’État de Virginie, et Chandra Muzaffar, de Malaisie, leader du JUST (Mouvement international pour un monde juste), ont évoqué l’ampleur des destructions infligées par les États-Unis et leurs alliés européens à la Syrie depuis 2007.

Après les tremblements de terre dévastateurs de février, c’est une nécessité impérieuse d’abroger totalement les sanctions économiques et financières unilatérales par lesquelles les États-Unis et l’Union européenne bloquent la reconstruction, et maintenant, même l’aide à ce pays.

L’appel a été lancé : « Vous devez exiger que le Congrès américain lève les sanctions ‘César’. C’est une punition collective de la population civile » syrienne. Le modérateur Dennis Speed a fait remarquer qu’au moment même où se déroulait le séminaire, des délégations de l’Institut Schiller se rendaient au Congrès pour demander la fin de la guerre de l’OTAN en Ukraine et la levée des sanctions contre la Syrie.

Action au Congrès américain

À la Chambre des représentants des États-Unis, une « résolution sur les pouvoirs de guerre » a été soumise le 21 février par le représentant républicain de Floride, Matt Gaetz, pour que les troupes américaines quittent la Syrie. Selon la loi, cette action est une mesure privilégiée qui doit être votée dans les 18 jours. Si elle passe, l’administration Biden aura 15 jours pour mettre en œuvre le retrait des troupes américaines.

Le mouvement LaRouche se mobilise pour que le Congrès, qui a du sang sur les mains, adopte cette résolution, qui sera un premier pas important pour arrêter la barbarie des sanctions en Syrie et dans le monde entier.

Rapports d’experts

S’exprimant depuis la Syrie, Vanessa Beeley a déclaré lors du webinaire de l’Institut Schiller : « Les Syriens sont résilients, ils sont pleins de ressources. Et bien que 90 % de la population se trouve sous le seuil de pauvreté, ils ont survécu. Aujourd’hui, ils vivent une terrible tragédie humanitaire : on estime à cinq millions le nombre de sans-abri en Syrie. Y compris dans le nord-ouest, qui est sous le contrôle des groupes terroristes soutenus par l’Occident, c’est une tragédie humanitaire. Mais l’Occident n’aide pas. » Elle a souligné que les sanctions font partie de l’occupation de la Syrie, dont « trois des quatre frontières sont contrôlées par des puissances hostiles ».

De plus, « l’Occident exploite cette tragédie pour relancer efficacement la guerre contre la Syrie, en ne laissant entrer l’aide humanitaire que depuis la Turquie, par les points de passage d’Idlib, contrôlés par Al-Qaïda ». « Ce dont la Syrie a besoin maintenant, conclut-elle, c’est qu’on lève les sanctions, mais plus que tout, elle a besoin que l’occupation américaine prenne fin (…) [Les États-Unis] occupent le sud-est du pays dans leur base militaire d’Al-Tanf, qui contrôle également le camp de réfugiés de Rukban. Ils ont établi une zone d’exclusion de 55 kilomètres autour de ce camp, où ils entraînent et arment des groupes armés, dont l’ISIS. Alors, mettez fin à l’occupation, s’il vous plaît ! »

Chandra Muzaffar a souligné : « Les sanctions ne seraient rien sans l’occupation (…) Et l’occupation demeure dans toute l’Asie du Sud. Depuis 2007, la Syrie n’est plus en mesure de fonctionner en tant qu’État, parce que de grandes parties du pays sont occupées par des puissances étrangères et les divers groupes qu’elles soutiennent. La Syrie a surpassé bon nombre des pays les plus riches d’Asie du Sud-Ouest en fournissant à la fois des soins de santé et une éducation à toute sa population, l’égalité des droits et le respect des femmes, la tolérance dans une société multiethnique et multiconfessionnelle. Elle est victime de ‘l’hégémonie américaine’ » qui doit prendre fin, a-t-il dit. « Nous devrions être capables de travailler ensemble pour faire émerger un monde de développement. »

S’adressant aux citoyens américains, Marwa Osman leur a fait des suggestions très précises : allez voir vos collègues ou vos voisins, leur a-t-elle demandé, et collectez des fonds pour aider les dizaines de milliers de victimes syriennes des tremblements de terre. Contactez ensuite votre élu au Congrès et demandez-lui de vous aider à envoyer ces fonds à des personnes ou des organisations caritatives dans des villes syriennes comme Alep. Demandez-lui de vous expliquer pourquoi cela est bloqué, impossible, alors que les sanctions étaient censées être suspendues pour 180 jours [les sanctions financières ne sont pas concernées]. Puis exigez que ce député modifie sa décision. Selon Mme Osman, même les ONG du Liban voisin craignent d’être sanctionnées par les États-Unis et l’UE si elles transfèrent des fonds à leurs voisins syriens, de l’autre côté de la frontière.

Le colonel Richard Black, qui a effectué de nombreuses visites en Syrie, a décrit de manière imagée la nature des terroristes que soutient le gouvernement américain. Nous avons livré de grandes parties du pays à des terroristes « qui prennent des selfies debout sur le dos de femmes innocentes. C’est honteux ! Et maintenant, nous poursuivons en nous moquant du peuple syrien dévasté par ce terrible tremblement de terre, nous les raillons en leur disant qu’ils auraient dû se ranger de notre côté et qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent. C’est en substance ce que dit le Département d’État.

« C’est une honte ! C’est une horreur ! Si le peuple américain comprenait ce qui se passe, ce gouvernement tomberait. Ce gouvernement ne pourrait pas exister aux États-Unis si le peuple américain n’était pas tenu, par ces médias complices, dans l’ignorance des horreurs que nous avons imposées au peuple syrien. (…) Je déteste voir cela car j’aime mon pays. Je voudrais qu’il soit meilleur qu’il ne l’était lorsque j’ai grandi. Je l’espère et je prie pour cela, mais nous pourrions sans aucun doute commencer par mettre fin à ces obscènes sanctions César qui imposent la famine et le froid à des gens innocents. »

Groupes confessionnels

–Un appel urgent a été lancé le 6 février par le Conseil des Églises du Moyen-Orient, affilié au Conseil œcuménique des Églises, déclarant : « Nous demandons instamment la levée immédiate des sanctions contre la Syrie et l’autorisation d’accéder à tous les matériaux, afin que les sanctions ne se transforment pas en crime contre l’humanité. »

–Le 17 février, une lettre ouverte a été publiée par un groupe d’organisations confessionnelles aux États-Unis, demandant au Congrès et à l’administration de :

• lever les sanctions afin d’accélérer la livraison de l’aide, d’ouvrir l’accès commercial et d’étendre les services de secours aux civils dans le besoin ;
• étendre l’applicabilité de la nouvelle licence générale mondiale (actuellement de 180 jours) pour le soutien matériel à toute la Syrie :
• continuer à communiquer avec les homologues syriens et onusiens pour répondre au tremblement de terre, et travailler à l’ouverture de nouveaux passages frontaliers pour que le personnel puisse accéder au nord de la Syrie ;
• délivrer des « lettres de confort » aux institutions financières et aux organisations humanitaires afin de faciliter l’aide d’urgence en Syrie ;
• coordonner l’ouverture de canaux bancaires pour aider les ONG et les ONGI à acheminer l’aide là où elle est nécessaire, y compris les transferts de fonds aux familles ;
• affecter des fonds supplémentaires aux programmes de l’USAID et de l’ONU pour aider la Turquie et la Syrie à faire face au tremblement de terre et à s’en remettre. »

La lettre a été signée par l’Alliance des Baptistes, l’American Friends Service Committee (AFSC), les Eglises pour la paix au Moyen-Orient (CMEP), la Communauté du Christ, la Congrégation de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur, les Provinces américaines, l’Eglise évangélique luthérienne d’Amérique, le Friends Committee on National Legislation (FCNL), les Ministères mondiaux de l’Eglise chrétienne (Disciples du Christ) et l’Office Maryknoll de l’Eglise unie du Christ pour les préoccupations mondiales, le Mennonite Central Committee US (MCC), le Comité national pour la paix et le développement (CNPD), le National Advocacy Center of the Sisters of the Good Shepherd, Pax Christi USA, Presbyterian Church (USA), The United Methodist Church - General Board of Church and Society, Unitarian Universalist Service Committee (UUSC) et United Church of Christ, Justice and Local Church Ministries.

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